State Papers. Cal. Dom. Ch. 11, 22 mai
5. Ib., 230, n** 126. En 1670, les apprentis protestent contre l'invasion des Français (Gillet, o. c, 18).
avait vu que de petits étourdis, plus sots et plus emportés les uns que les autres, méprisant tout ce qui ne leur ressemblait pas, croyant introduire le bel air en traitant les Anglais d^étrangers dans leur propre pays. » Et ce témoignage rappelle Timpression éprouvée par Dryden lorsqu'il débarqua en plein Londres, à Somerset Stairs, au milieu d'une foule de Français dansant au grand air^
Mais Tindulgence de ce temps pour les pires légèretés était grande. Par réaction contre le puritanisme, l'Angleterre d'alors s'abandonnait à l'insouciance et au plaisir. Les actrices venaient d'entrer triomphalement sur la scène. Tout était au luxe, à la licence". Peu à peu, hommes et femmes s'accommodèrent dans la haute société, s'amusèrent aussi, par calcul ou par goût, de frivolités et de grimaces. Le marquis de « Brisacier... avait l'esprit orné de lieux communs et de chansonnettes... Le duc de Buckingham le gâtait... parles louanges qu'il donnait à sa voix et à son esprit. » Sa maîtresse La Blague, « quoiqu'elle n'entendît presque point le français... se régla sur cette autorité pour admirer l'un et l'autre 3. » On s'enthousiasmait de confiance. « 11 n'y a point de bouffonnerie qui ne puisse obtenir votre approbation, constate un épilogue. Vous aimez cela, comme toute nouvelle mode française*. »
Au reste, il est certain que plusieurs Français jouèrent un rôle très brillant, et qu'ils furent à Londres des maîtres irréprochables d'élégance et de bon goût. L'ambassadeur de Cominges attirait chez lui tout un monde, dont la belle M™® de Gastelmaine. Le chevalier de Grammont était de toutes les fêtes, et y donnait le ton.
Saint-Evremond, sans être une gloire littéraire, était un type assez exact de l'écrivain de salon, doué d'ime des qualités que Ton apprécie le plus dans le génie français : Tesprit. Quoiqu'il ne sût pas l'anglais^, on le vit lié avec Buckingham, le duc d'Ormond, les comtes de Saint-Albans et d'Arlington, Milord Crofts. Il avait sans doute été présenté un peu partout par l'aumônier de la reine, Louis Stuart, seigneur d'Aubigny, dont Téducation s'était faite à Port-Royal. Par Cowley et Waller, il était entré en relations avec les milieux littéraires anglais, où il fréquenta Digby et Hobbes.