CHAPITRE VI LIMITES DE LA DIFFUSION DU FRANÇAIS. L'OPPOSITION
L'enseignement du français. — M. Charlanne a trouvé dans le Calendar of State Papers un certain nombre de pétitions tendant à établir dans les grands établissements d'instruction un enseignement du français. Rien malgré cela ne permet jusqu'ici d'affirmer que notre langue ait été admise, même dans les à côté des collèges'.
Seul l'enseignement privé continua à se développer. Nous connaissons quelques maîtres, même parmi ceux qui n'ont pas écrit 2. Quant aux auteurs d'ouvrages d'enseignement, ils se multiplient depuis 1670. Le plus connu parmi les grammairiens proprement dits parait avoir été Festeau^.
Les deux autres hérauts de la langue française en Angleterre sont James Howell, qui a remis au point le Dictionnaire de Cotgrave, et Guy Miège. Le premier avait étudié à Paris et à Orléans ^ Le second était Suisse d'origine. C'est lui qui accompagna Carlisie dans ses ambassades, et nous en laissa la curieuse relation, impri-
1. Cesl d'abord une pétition d*un nommé Guy Le Moyne, tendant à obtenir pour lui le |K>ste d'agrégé à l'Université de Cambridge (V*e goc^ 191). James Howell, dans une pétition au Lord Chancelier, lui demande le poste de maître de langues vivantes à la cour (1661) (i/)., 211). Un autre demande le poste de professeur d'éloquence française à l'université d'Oxford ({/>., 205).
2. L'un d'eux, un certain Denis, chef d'instruction à Chesler, eut parmi ses élèves le futur traducteur de Racine, Brercton (Bast., o. c, 41). Rulter, qui était précepteur du fils du comte de Dorset, traduisait le Cid avec son élève (Cliarl., Th, et crit., 121).
3. Tout fier d'être de Blois, Festeau, dans le titre même de son livre et dans le cours de son ouvrage, se pare de ce bonheur qui Ta fait naître dans une ville de France « où on trouve le vrai son de la langue française, du consentement unanime de tous les Français ». D'après M. Charlanne, Festeau aurait commencé par collaborer avec Mauger à une réédition de la grammaire de celui-ci {Vie soc, 197). N'y a-t-il pas là quelque contrefaçon hollandaise ? On trouve également en 1690 les deux noms sur une grammaire publiée à Leyde. Or je possède une 14* éd. de Mauger, faite à Bordeaux, par S. Boé et S. de la Court, en 1698. Il n'y est pas question de Fesleau.
D'après M. Charlanne la première édition de Festeau est de 1675. Je ne l'ai pas rouvé e. Quant à la grammaire citée en note par Stengel, d'après Brunet, à la date de 1672, elle est dans ma Bibliothèque, mais c'est une grammaire anglaise. J'ai vu â Hambourg l'exemplaire de la grammaire française décrit par Stengel (o. c, p.57j. Celle 5* éd. est bien de 1685. Elle est dédiée à M. Russell. qui a été son élève, et dont le roi a fait le Colonel du régiment royal des Gardes. Le livre a un très curieux chapitre sur les brèves et les longues.