Ether., Man ofmode, prol
bien chercher ici à faire une conquête, si leurs épées étaient aussi dangereuses que leur vin. Leur éducation est pire encore que les deux. Ils font de nos vierges des nonnes, efféminent notre jeunesse * ».
Cette dernière phrase appelle l'attention. On n'invective pas seulement les gallomanes, on met en garde l'Angleterre contre les conséquences que pourrait amener cette volonté de se conformer à Tesprit étranger. C'est un thème qui reviendra ailleurs, pendant les guerres, chez les sermonaires : « Si générale est la contagion (des soldats), que des magistrats, des hommes de robe longue, des médecins, des ministres mêmes, font aussi les matamores, comme s'ils luttaient à qui sera le premier en mode française, pour plaire à des maîtres qui vont venir ^ » (les exilés de Saint-Germain).
Les diatribes contre notre politique, notre éducation, nos mœurs, nos toilettes, ne concernent pas directement cette histoire. Il est certain toutefois que tout cela ne pouvait être dénoncé à l'indignation publique sans que notre langue fût atteinte du même coup. Au reste on l'attaquait, elle aussi, on la discutait tout au moins. Comme la littérature elle-même, elle n'avait de mérite que sa politesse . Les Français, dit Dryden, « se contentent d'une régularité maigre... Leur langue^ affaiblie, est si raffinée, que comme de l'or pur, elle se courbe au moindre toucher. Notre teuton robuste, lui, obéira pourtant à Tart, étant plus propre à une pensée mâle et renforcé d'alliage 3 ». Le comte de Roscommon dit de son côté, dans son Essay on translatée! Verse (1684, v. 23-28) : « Vaines sont les espérances de nos voisins et vains leurs soins. La faute en est plus à leur langage qu'à eux. Il est courtisan, fleuri, et abonde en expressions d'un son plus doux peut-être que n'en offre le nôtre. Mais qui a jamais vu dans les auteurs français l'énergie serrée de l'anglais? »
Satire du langage macaronique. — D'autre part, en s'attachant avec cette ferveur aveugle à une langue étrangère, on négligeait l'anglais. D'abord « les jeunes gens reviennent de Paris, comme le dit Shadwell, avec ime teinture de cette merveilleuse langue universelle, sans être capables d'écrire un anglais correct ^. » De plus