Beschrijving van den ^oo
't Is ma maîtresse, H is ma belle, fis mon Ame, Ghij zgt het voorwerp de ma malheureuse flamme, Of neemt ghij u plaisir, seg, d'être si cruelle ? Ik hoop dat dit wel cens changeren zal, ma belle, Of't is met mij gedaan. Je finirai mes jours. En dat sal d'uitkomst zijn van roijn bedroefd'amours. « C'est ma maîtresse, c'est nia belle, c'est mon âme, vous êtes l'objet de ma malheureuse flamme. Ou prenez-vous plaisir, dites, d'être si cruelle ? J'espère que cela changera un jour, ma belle. Ou bien il en est fait de moi. Je finirai mes jours. Et ce sera là la fin de mes tristes amours. »
qui par conséquent s'ennuyait fort à Moulins, Tinterpella en latin ^ On confond trop souvent langue française et littérature française. Nos œuvres étaient lues, mais la plupart du temps en traductions^.
Si le français était su à La Haye, dans les hautes classes, il n'en était ainsi ni dans les campagnes, ni même dans les autres grandes villes. A Leyde, un professeur de langue française, et non des moins connus, végétait, faute d'étudiants ^. C'est aussi un fait digne de remarque que Descartes, séjournant dans le pays, se soit cru obligé d'apprendre le néerlandais ^. Le grand savant Barlaeus, dans une lettre à Huygens, confesse qu'il ne sait pas plus le français qu'un porc la poésie '\ Il a honte, il est vrai, de cette ignorance, elle n'était cependant pas rare dans le monde des savants. Sorbière, qui a voyagé en Hollande, cite tous les hommes d'étude qu'il a vus à Rotterdam, à Leyde, la « métropolitaine des Muses en Hollande », k la Haye. Il n'y a pas de Français ; il ne parle pas de langue française ; tous les noms des savants sont latinisés 6. Le cas d'Anne-Marie Schuuman qui possédait le français à fond, est plutôt exceptionnel. Amalie de Solms, la propre femme de Frédéric Henri, faisait les fautes les plus grossières.
Même dans le monde diplomatique, la connaissance du français n'était pas universelle. On se servait d'interprètes et de secrétaires. A Paris, les jeunes Hollandais dont nous avons plus haut cité le Journal rendent visite à l'ambassadeur des États généraux en France, M. Boreel, et ils écrivent au sujet de cette visite^ : « [Sa femme] est une bonne et grosse femme et une vraye Amsferdamsche Moer (bonne femme d'Amsterdam)... Il la faut entretenir en flamand, car elle ne parle ny entend le françois, ce qui nous estoit desia une assez grande peine, nous estant desaccoutumés de nostre langue... Nous fusmes traitez à la mode de Hollande, y ayants de la bierre, du beurre et du fourmage, et le tout servy en plats de por-