‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 189 sur 352 · Corr. de Huygens · texte numérisé non relu

Corr. de Huygens

6. Sorbière, LelL à M. de Bnulru, 13 juil. 1660; De lestât des sciences en HoU, (dans Relat., letl. el dise, Paris, 1660, réédité par P. J. Blok : Drie brieven van Samuel, Sorbière, Bib. Nat. 8% .M. 12380).

celaine, ce qui sent fort son Amsterdam ». Voilà donc une dame patricienne d'Amsterdam, qui, ambassadrice en France, non seulement ne renonce pas à son genre de vie national, mais ne parle pas même un mot de français. Il y a mieux. En date du 7 mars 1669, de Wicquefort écrivait à de Lionne de La Haye son étonnement que les Provinces-Unies pensent à envoyer comme ambassadeur en France un M. de Witt, — qui d'ailleurs n'est pas amy de ses parents — et qui ne sait pas la langue ^ .

La guerre avec la France. — Gomme on peut le penser, la guerre qui éclata, Tinvasion du territoire par les troupes de Louis XIV, la défense désespérée des Hollandais, qui sauvèrent les Provinces en compromettant pour longtemps leur prospérité, firent du Grand Roi un objet d'exécration dans tout le pays. Cette lutte était tout autre chose qu'une de ces entreprises où les Princes jetaient leurs armées pour servir leur politique. C'était, du côté des envahis au moins, une nouvelle guerre d'indépendance, une de ces guerres qui éveillent les sentiments profonds de toute une nation, et laissent derrière elles des haines terribles et inoubliables.

Dès 1672, le poète van der Goes, dans un appel enflammé à ses compatriotes, montrait le danger de livrer à l'étranger Tâme néerlandaise. Il leur fait voir les Français préparant par l'invasion de la langue l'assujettissement du pays*-.

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