‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 191 sur 352 · Voir Schickler, o. c · texte numérisé non relu

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entièrement françaises à Breda, à Maestricht, à Berg-op-Zoom, à Bois-le-Duc, à Zutphen, à Nimègue, à Arnheim, à Utrecht, à La Haye. Les troupes hollandaises elles-mêmes furent souvent commandées par des officiers français.

Un grand nombre de soldats et d'officiers de marine abandonnèrent le service de la France pour celui de ses adversaires. Dans le seulmoisde janvier 1686, trois bâtiments français, furent, à leur arrivée dans les ports de la République, délaissés entièrement par leurs équipages *. Ces marins réformés, émigrés en masse, ou ces « nouveaux convertis », qui désertaient les navires de France dans les ports mêmes des Pays-Bas, apportèrent à leurs vaisseaux de guerre le personnel qui leur faisait défaut : ils étaient 800 en 1686,Saintongeais, Normands, Bretons et Gascons, sans compter tous ceux qui, établis à Dordrecht, doublèrent le mouvement de la pêche à la baleine sur les côtes groenlandaises. Rares étaient ceux qui se déclaraient incapables de combattre la France, comme les fils de Duquesne, lesquels renoncèrent à une expédition de dix vaisseaux destinée à conduire aux Mascareignes une colonie de Huguenots indépendants, quand ils apprirent que le but réel était de s'emparer de l'île Bourbon -.

On vit naître trente-trois églises de langue française complètement nouvelles, deux autres se rétablirent, trois devinrent indépendantes 3. Le flot regorgea jusque sur les colonies d'outre-mer. Quatre-vingt-dix-sept familles partirent pour le Gap de Bonne- Espérance ^. La plupart des nouveaux arrivants qui ne se firent pas soldats étaient des industriels et des ouvriers qu'on admettait sans épreuve dans les corporations et les maîtrises ^. Ils prirent dans certaines industries, en particulier dans la papeterie, une place considérable. Grâce à eux le papier de Hollande gagna une réputation qu 'il a encore .

Les réfugiés et la diffusion de la langue. — Il est facile d'apercevoir le rôle matériel des réfugiés, mais il est fort délicat de dire

1. Weiss, 0. c.y II, 44-50. Cf. Schickler, o. c, 38: ils avaient prêté le serment d'obéissance « aux Etats généraux, à son Altesse et au Conseil d'Etat. » En 1688, trois régiments d'infanterie, un escadron de cavalerie, 736 officiers français formaient l'élite de l'armée qui renversa Jacques II. Au premier rang brillaient Schomberg, Ruvigny, Belcastel, Montége, Lislemarets, de Vicouse, Goulon, Collot d'Escury, de Rochebrune, les ingénieurs d'Ivoy et du Ry.

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