‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 199 sur 352 · Voir Influence, 52 etsv · texte numérisé non relu

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2. Rapportons, à titre de curiosité, une annonce qui a paru cet été (1913) dans un journal hollandais : « Gevraagd een flinke aide, goede Rôtisseur en Légumier in Hôtel... », ce qui veut dire « On demande un bon aide, bon rôtisseur et légumier, etc. »

Termes g énéraux (M,-A.) : pellen^ proeven (essayer), saus, servet, — Viandes (M. -A.) : fazant, frijten (frire), kapoen, konijn (anc. fr. conin, au sens de lapin), lampreel, larderen^ pastel^ patrijs (perdrix) ; (xvi'' s.) : jus^ karbonade^ makreel, sardijn, saucijs, tarbot; (xvii*^ s.) : fricasseren. — Légumes (M.-A.) : komkommer^ *poreie (poirée), porselein (pourpier), purée, spinazie (épinage, au sens d'épinards) ; (xvi® s.) : asperge, chicorei, konserf, savoyekool (chou de Savoie), sla (salade). — Dessert et pâtisserie (M.-A.) : beschuil, blancmanger , gelei, konfijt, tnarsepein, oublie ; (xvi*^ s.) : gélatine, konfituren, crème, parmezaan. — Epices (M.-A.) : azijn (anc. fraisil, au sens de vinaigre), /*oe/fe (feuille), giroffel, kaneel, karwij, komijn (cumin), mosterd, muskaat, olie, pimpernel, specerij, suiker, verjus ; (xvi** s.) : sukade, truffel ; (xvii® s.) : aromatizeren. — Fruits (M.-A.) : amandel, (aard) bei, citroen, dadel, fruit, granaat, kaslanje, limoen, meloen, olijf, pruim ; (xvi*' s.) : framboos, kalvijn (calville), kornoelje, morel, oranje, pompoen. — Boissons (M.-A.) : cider, kandeelK

Nous grouperons maintenant des mots, exprimant des rapports hostiles ou amicaux. — 1. Aide, querelle (M.-A.): akkoord . akkorderen, pardon; (xvi® s.): assistentie, soulageren, revanche; (xvii® s.) : favoriet, pardoneren, protegeren, seconderen ; duel, irriteren, — II. Amour, haine (M.-A.) : amourette, liberaal, loyaal, royaal, fel, fier, grief, jaloers ; (xvi® s.) : kameraad, koertiseren, kordiaal; abusereri, kontrariëren, piek, rancune; (xvii*^ s.): adoreren, appreciëren, familiaar, familiariteit, fideel, kordialiteit , sympathie, tolereren, arrogant, fraude, frauderen, furieus, hostiliteit, imperieus, intimideren. — III. Energie, sévérité, mollesse (M.-A.): kastijen, ordonneren, par force; (xvi® s.): assuraniie, inexorabel ; (xvii® s.) : konfuus, nonchalant, timiditeit. — IV. Politesse, bonnes manières, impolitesse, mauvaises manières (M.-A.): saluât ; (xvi® s.) : diskreet, galant, takt ; bizar, indiskreet ; (xvii® s.) : ceremonieus, kompliment, komplimenteren, respekt, respekteren ; bruusk, impertinent, vulgaire, — V. Jeux et sports (M.-A.) : galop, galopperen, koppel, marter, spinjoel (épagneul), valkenier ; aas, doubleren, hazard, kans (chance), pion, schaak ; {x\i^ s.) : voltigeren, dam, gambiet, passedijzen (passedix), ^roe/* (triomphe). — VI. Fêtes et cérémonies (M.-A.) : banket, banketeren, dans, dansen, feest, partij, sier (chère), souper; (xvi® s.): lustre, mas^

1. On a bu au Moyen-Age beaucoup de vins français en Hollande, dont les noms sont maintenant inconnus.

ker\ (XVII*' s.): aubade^ bal, dessert , invitèrent kollation, kondoleance, sérénade, visite.

Les mots de conversation sont impossibles à nombrer. 11 arrive très souvent qu'au milieu d'une phrase, les Hollandais introduisent des mots ou des expressions françaises. Malheureusement, il n y a aucun moyen de savoir à quel point aux différents siècles la langue parlée s'entrelardait de ces éléments étrangers. Ce qu'on retrouve c'est ce qui est relatif au dialogue et à la parole, des termes généraux (xvi®s.) : diskoereren, diskoers, pretext \ (xvii®s.) : abordeeren, aboucheren, démenti, ekskuzeren, informeren, ironie, konversatie ; des salutations (xvii® s.) : adieu, bonjour ; des titres (M. -A.) : dame, prins, prinses ; (xvi® s.) : excellentie, intituleren, Madam, markies, sinjeur.

Voici enfin quelques termes qui caractérisent des rapports verbaux (M. -A.) : flatteren, bastaard, fel, karonje ; (xvi® s .) : cajoleren, cajoleur; affront, blaam, blameren, refuus ; (xvii® s.): rekommandatie, rekommanderen.

Les mots se rapportant à la vie physique et personnelle de l'homme sont abondants. Corps (M. -A.) : appetijt, blond, flegma, fondement, fontanel, haast, pas, passeren, pois, statuur, tasten ; (xvi® s.) : fors, frugaal, grimas, ros, sober, tenger (tendre), ironie; (xvii^ s.) : élégant, postuur, robuust, — Travail (M. -A.) : besogne, mat, pozen ; (xvi° s.) : taak. — Conditions de vie et relations de famille (M. -A.) : avontnre, familie, fortuin, lombard, pover, profijt ; (xvi® s.) : kapitaal, ruïneren ; (xvii*' s.) : sukses, tante, — Mœurs (M. -A.) : koppelen, sodomiet ; (xvi® s.) : avonturier, schandaal, vagebond ; (xvii*' s.) : depraveren, prostitueren, schandaleus.

Mots se rapportant à la vie intellectuelle et morale. Disposition d'esprit (M. -A.) : humeur, melankolie, spijt (dépit); (xvi^ s.): kalm, zich kontenteren, melankoliek, somber; (xvii® s.): énerveren, enthousiast, kapricieus, pleizier, preferentie, prefereren, resignatie, resigneren. — Caractère (M. -A.) : karakter, nobel, simpel ; (xvi® s.) : braaf, braveren ; (xvii* s.) : frivool, koerage, modest. — Intelligence (M. -A.) : abuis, falen, fantazie, fantoom, fout, idioot, memorie, motief; (xvi*' s.) : fantast; (xvii® s.): finesse, ignorant, ingenieus, kapaciteit, kapabel, kombineren.

Termes généraux. — 1. Restent un certain nombre de mots, et non les moins importants, qui ont un sens très général, et qui ne se laissent incorporer dans aucun des groupes, bien qu'il soit vraisemblable qu'ils ont été, une première fois, empruntés avec une signi-

Ocation spéciale. Ce sont ou des substantifs, désignant soit des objets, soit des concepts et des actions (M. -A.) : Z///i, />aar, punt ; (xvi® s.) : res/;(xvii® s.) : troep, — (M.-A.) : feit, manier, nummer, orde, part, plaats ; (xvii® s.) : egaliteit, inegaliteit, kwantiteit, massa, rariteit ; ou des adjectifs désignant des qualités concrètes et abstraites (M.-A.) : fijn, massif, plat, présent, rond, schaars (anc. fr. escars, au sens de rare) ; (xvi° s.) : kompakt, net ; (xvii® s.) : materieel, soliedé. — (M.-A.) : suffisant; (xvi^s.) : definitief, publiek ; (xvii® s.) : abondant, egaal, formeel, inegaal, konditioneel, konstant, konventioneel ; ou des verbes, concrets et abstraits (M.-A.) : vormen ; (xvi*^ s.): fatsoeneren. — {^l.-X,) : kosten (coûter); (xvi® s.) : resten ; (xvii*' s.) : excelleren.

II. Outre ces emprunts directs, il est entré à diverses époques dans le néerlandais des mots faits par des procédés de 'formation empruntés au français.

1) Tantôt dans ces mots tout est français, bien que le mot n'existe pas en langue française.

Le Moyen- Age avait fait ainsi : *contrecedule, *arsedie (remède), foherdie {{avec), poorterie, prenterie (imprimerie), evangelier, rus^ tier (rustre), batementeren, provancheren (approviander).

Le xvi*^ siècle a donné : * contre balance, brasserij (au sens de bonne chère), klovenier *, rondassier, komponist, *memorist, *adjointeren, affronteren, *agriculteren, *kontrabanderen, protocolleren.

Le xv!!** y a ajouté : *defaroucheren, *desobserveren, *contre' fosse, *komplotteur, *doleancier, bombardier, *astrologist, *astrO' nomist,

2) Tantôt sur un radical hollandais, on forme un mot hybride, en ajoutant à ce radical un préfixe ou un suffixe français. On trouvera plus haut (I, 395), une énumération des suffixes les plus employés. Ce sont : -âge, -ie [-erie], -ier, -iste, -té (sous la forme dialectale -teit) ; un seul préfixe : aarts [arche-). Contrairement aux formations dont il vient d'être parlé, celles-ci ont été bien plus fréquentes au Moyen- Age qu'aux siècles suivants -.

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