‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 209 sur 352 · Œav · texte numérisé non relu

Œav

5. « On se passerait ici de toutes chose» plutôt que des gazettes, qui font rentrelicn des chariots et des bateaux « (Lettre de Pomponne à Louis XIV, 31 juillet 1670, Aff. Elr.. IIolL. Corr., 90, f» 274).

6. H;i\Io écrit A Lenfant, de Rotterdam, 18 janv. 1683 : « A l'égard des GazeUes rnisonnées, je vous dirai qu'il y a trois personnes qui passent pour en faire ; et que ni les uns ni les autres, ne distribuent ici qu'à très peu de gens leur écrit. Ils ne le destinent presque qu'aux Païs Etrangers ; et ainsi cela ne fait guéres de bruit en Hollande, si ce n'est quand l'Ambassadeur de France s'en plaint quelquefois » {(JEuv., IV, 620\

RÉSULTAIS. LA l»KESSK PÉKIODIQUE EN FRANÇAIS 269

Divers hommes d'Etat eussent même souhaité qu*elles ne traitassent pas d'autres sujets ^ Mais il n'y avait pas là de quoi assurer leur vie. La curiosité publique attendait d'elles autre chose, des informations et des réflexions sur les événements, des appréciations des hommes et des choses. La Hollande était devenue le centre politique de l'Europe. Cette presse que lisait tout le monde civilisé devait fatalement devenir un instrument d'action sur l'opinion universelle.

En France même, on dévorait libelles et journaux. Il y a évidemment quelque exagération dans le tableau que nous fait GoUetet des boutiques du quai des Grands-Augustins, si pleines qu'on y tenait à peine, tant les lecteurs de nouveautés y étaient nombreux :

L'un sur son nez met sa lunette Afin de lire la Gazette...

Un autre curieux demande Une gazette de Hollande, Et celui-ci celle d'Anvers *^,

Mais nous savons de science certaine que le public s'y intéressait vivement. En vain soutenait-on, non sans raison, que toute cette prose était l'œuvre de meurt-de-faim, qui inventaient des niaiseries dans leur galetas, faute de relations véritables, grâce auxquelles ils eussent pu s'informer "^ Assurément, Bayle est le premier à le dire.

1. Voici une lettre de de Groot, ambass. des Prov. -Unies en Suède à J. de Witt, 5 sept. i668 : «« Il se présente ici peu de chose digne d'être écrite à un Ministre, et je ne puis me résoudre à vous entretenir de bagatelles. Cependant, je crois que je serai souvent obligé d'en remplir mes Lettres à la Régence, moins pouren informer leurs HH. PP. que pour servira remplir les Gazettes ;etil seroità souhaiter qu'elles fussent ordinairement plutôt remplies de pareilles matières que d afTaires plus importantes » {Let. et nég. de J. de Witt, 1725, IV, 281-282).

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