‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 223 sur 352 · Gebauer, o. c · texte numérisé non relu

Gebauer, o. c

3. Le récit du voyage du prince a été con8ei'>'é. Il est à Cassel (Ms. liist., 4**, 69). Un extrait a été publié par M. Ch. Schmidl {Bail. Soc. Hisl. Proi. fr., 1899, 215 et s.).

Il arriva en France par Calais. A Paris, son ami, M. Dorrenberg le reçut, mai» il n'y resta que quelque temps. 11 vil Essonc, Fontainebleau, Nemours, Montargis^ Nogent, Briare, Cosne, Nevers, Moulins, Lyon.

11 fut reçu en prince à Grenoble, par le Gouverneur Lesdiguièi*es et M"* la Connétable. Il visita Ntmes, Montpellier, Toulouse, Montauban, La Rochelle, Saumnr. et revint par Blois, Chambord, Orléans, Etampes, Bourg-la-Reinc, Saint-Cloud, Saint-Denis, Charonne.

Une des sœurs de Guillaume Vï, fut mariée en 1618 à Louis, duc de la Trémouille et de Thouurs, prince de Tarentc.

preuve *. Quand notre compatriote arriva de Brème en 1650, on lui fit un accueil très chaleureux^ et il écrivait à un ami : « J'ay de la peine a m'imaginer que je suis en Allemagne, quand je n'entens parler icy que françois 2. » On lui avait promis une chaire à TUniversité de Marbourg, nouvellement restituée à la branche de Hesse- Cassel. Mais la landgravine mourut Tannée suivante (1631).

La Hesse-Darmstadt, quoique du parti impérial, n'était pas non plus fermée à la culture française, loin de là. L'Université luthérienne de Giessen fut fondée par Louis V en 1607. Une chaire de français y fut tout de suite occupée par Philippe Garnier, d'Orléans 3. En 1611, le 1®** septembre, une thèse dedocloraty fut même soutenue en français. C'était là un événement extraordinaire et contraire à toutes les traditions ^. L'étudiant, nommé Auchter, originaire de Pforzheim, sur les conseils de son maître, Ph. Garnier, avait rédigé une « Harangue Françoise de la louange, fondation et situation de la très célèbre Académie de Giesse et des Professeurs et exercices divers qui sont en icelle ». Le doyen, Conrad Bachmann, lança des invitations. Il n'en faudrait pas conclure du reste qu'il y eût un public prêt à écouter la harangue. Beaucoup de braves gens étaient comme les parents d'Auchter : ils voulaient que leur fils sût le français, ils ne le savaient pas eux-mêmes. Le doyen, en les engageant avenir, confessait sa propre ignorance : « nequeîpse intelligo. » On croyait cependant devoir assister à la cérémonie. La langue française n'était-elle pas, comme le disait la dédicace à des princes badois, celle qui était « le plus en usage dans la cour des Princes et Seigneurs, et de la quelle on se sert cous tumiere ment en toutes conversations et devis familiers ^ » ? N'est-ce pas là une preuve du prestige qu'exerçait dès lors notre langue ? On lui faisait le même honneur qu'à la latine. Sans l'entendre, on l'écoutait avec déférence.

En 1614, Marcel Oliva succéda à Garnier, parti pour Leipzig. On

1. Chappuzean, VAllemtgne^ ou relation nouvelle de toutes tes Cours de l'Empire. Parts, 1673, 4».

2. Chappuzcau deWnl secrëtaire de la landgravine, et n>éme de Guillaume VI, son fils. La princesse avait chargé ce Français de 25 ans d'écrire Thistoire de son règne. Elle lui en fournit même les matériaux : « Elle daigna, dit Chappuzeau, plusieurs fois m*appeler dans son cabinet pour me donner de sa propre bouche des mémoires de son Règne. . . Mais sa mort prévint le dessein qu^elle avoil de n'instruire d'avantage, et ces mémoires sont demeurez imparfaits. • {Europe vivinle, I, 334.) Cf. Meinel, o. c, 7, n. 2.

3. Behrens, arl. cii.y 172 et n. 12. Dorfeld (o. c, note 7) avaitaffîrmé qu'il n'en était rien.

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