Grucker, o. c, I, 85, note
l'opposition 375
langue maternelle, au risque de la barioler. Le prince qui prenait la direction de ce mouvement était lui-même fort instruit et très familier avec le français. En 1596-1397, il avait fait son tour de France et était revenu capable de faire passer en allemand le livre de Drelincourt sur la persévérance. Cest de lui que sont les deux vers allemands qu'on a plusieurs fois cités sur la langue française :
Sonsl ist sfe lieblich fein und htibscher Rade voll, Spricht man sie nur recht aus, sie lautet trefflich wohl .
Du reste elle est aimable^ fme^ pleine de jolies expressions^
Et si on la prononce correctement^ elle résonne extrêmement bien.
Assurément il faut en rabattre quelque peu de ce témoignage, le premier vers commence par sonst : malgré cela. Mais somme toute, Louis d'Anhalt rendait justice au français, et loin de le persécuter, il en encourageait Tétude. Sous son gouvernement, à Côthenmême, Jean le Clercq, qui donnait des leçons privées, fut invité à en faire d autres dans une sorte d'école normale (Lehrerseminar *).
liC succès de l'Académie fut pendant quelque temps assez grand. Un roi de Suède, Gustave, voulut en faire partie. Malgré cette adhésion importante, divers faits montrent que ce succès était plus apparent que réel. Un album pour lequel le Prince Louis avait luimême composé les devises destinées à être placées sous les portraits des adhérents, ne put jamais paraître intégralement, l'éditeur n'y trouvant pas son compte. En 1662, le nombre des inscrits avait atteint 730. Mais quand le fondateur de la Société, le prince Louis disparut (1658), elle fut touchée à mort, et elle s'éteignit obscurément Tannée de son cinquantenaire, en 1667, non sans avoir rendu des services, en particulier celui d'avoir assuré aux hommes de lettres quelque chose de Testime à laquelle ils ont droit 2.
Les imitations n'avaient point manqué. J'ai déjà parlé de la Société des Sapins de Strasbourg. En 1643, s'établit à Hambourg la Réunion des bons Allemands (die teutschgesinnte Genossenschaft), qui vécut jusqu'en 1705, et dont le nom reviendra plus loin. Nuremberg eut sa Société des bergers de la Pegnitz, ou Ordre des fleurs couronnées de Pegnitz (Gesellschaft der Pegnitz Schâfer oder der Pegnitzen Blumen-Orden, oden gekrônte Blumen Orden ^),