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384 inSTOIKE DE LA LANGUE FRANÇAISE
en être exempts K Au contraire, Tallemand manque de certains termes « pour exprimer ce qui se rapporte à la morale, aux passions, à la vie courante, aux affaires de rEtt*.t, à la vie civile et à la politique,... et comme ces mots sont indispensables dans la conversation, dans le commerce des gens et dans la correspondance
il faudrait penser sérieusement k les rétablir, s'ils ont déjà existé et qu'ils .soient oubliés ou inconnus, ou à les emprunter aux étrangers et à leur octroyer droit de cité, s'ils manquent entièrement '-. » « Il est très difficile de se passer de mots latins et même de mots, français et italiens dans des écrits qui ont trait à la politique, aux rapports et droits des princes et souverains ; mais une certaine modération ne nuirait pas dans cet emploi ; et il ne faudrait pas que le français remplaçât l'allemand, lorsque cette dernière langue est tout aussi bonne, sinon meilleure (pour traiter ces sujets) ^. » On pourrait au besoin se servir de certains mots étrangers, « en plaçant en même temps le mot allemand à côté, pour les expliquer l'un par l'autre, et de cette façon donner plus de clarté et d'énergie à l'expression employée * ». Quant aux expurgeurs qui ont prétendu « proscrire tous les mots étrangers même ceux qui ont acquis droit de cité )>, ils n'ont « fait que troubler la nation tout entière... sans atteindre le but qu'on s'était proposé -*, »
Au lieu de leur sévérité générale et intraitable, il faut apporter dans ces questions de la modération et du discernement. « Dans les langues, il ne faut point se montrer puritain, et fuir comme un péché mortel un mot étranger, mais commode : on enlèverait ainsi toute énergie à son discours. Cette pureté apparente pourrait être comparée à Tœuvre qu'un sculpteur raffinerait et corrigerait, jusqu'à l'affaiblir entièrement ; c'est ce qui arrive à ceux qui s'appliquent à ce que les Hollandais appellent la maladie du perfectionnement *'. » « Il me souvient d'avoir entendu dire que detelsraffmeursont existé en France et n'ont pas peu contribué à en appauvrir la langue, de sorte que la savante Demoiselle de Journay («/c), fille adoptive du célèbre Montagne, disait que les écrits de ces gens-là étaient un