‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 68 sur 352 · Arch. de la Mar., Reg. des dep., 1673, 13 juin · texte numérisé non relu

Arch. de la Mar., Reg. des dep., 1673, 13 juin

5. De MeuUes, intend, du Canada à Colbert, 6 oct. 1682. Arch. des Col., O* 6, f* 90 r".

6. Une a reçu 150 livres en 1669 (Arch. des Col., B. 1, f» 111, v«, Ordres du Roi;.

7. Les missions de Lorelte, de la Nouvelle Lorette, de la Madeleine et du Saut, n'ont jamais eu beaucoup d'habitants. Les Indiens chrétiens qui s'y étaient réfugiés ne dépassaient pas le nombre de 1200 environ, en tout. Loraque Charlevoix les visita vers 1720, ils ne parlaient pas français, sauf exceptions individuelles.

L ASSIMILATION PAK LA LANGUE Hl

En France. — En France, les faits ne paraissent pas s'être passés fort différemment. Je n*ai pas à exposer quelle était ou affectait d'être la politique administrative. S. M. voulait « conseruer (aux peuples) leurs priuileges, les bien traitter, et leur faire tant de grâces, qu'ils soient plus heureux sous sa domination quils n'estoient sous celle de leurs maîtres d'autrefois ^ » Là où on rencontrait des résistances, on prétendait en triompher, sans les briser, en temporisant au besoin. En Alsace, l'intendant La Houssaye écrivait : « Les termes de déférence, de zèle et d'affection au service de Sa Majesté sont assez communs, mais celuy d'obéissance plus rare. »

(c Ces affectations sont à un tel point qu'il sera bon d'y remédier lorsque les temps redeviendront entièrement tranquilles, mais cela devra estre fort ménagé, et pour ne point aliéner les Esprits des habitants d'une place de cette importance (Strasbourg) ; il est également à propos de les maintenir dans leurs privilèges ou l'autorité souveraine du Roy n'est point intéressée, et de leur faire reconnaître entièrement cette même autorité lorsqu'il faut qu'elle agisse 2. » Or si, comme nous l'avons vu plus haut par la discussion entre le Magistrat de Strasbourg et Obrecht, on considérait qu'il était du devoir d'un bon sujet d'apprendre la langue de son maître, du moins on ne taxait pas d'infraction et de désobéissance le fait naturel de se servir de sa langue maternelle. Toute contrainte à ce sujet eût paru, non seulement inopportune, mais absolument injustifiée.

L'action de Colbe^t. — Toutefois le gouvernement français, du temps de Colbert, a désiré que les annexés apprissent le français, cela me parait incontestable. Il a même encouragé ceux qui s'employaient à le leur enseigner; il l'a fait rarement, exceptionnellement, sans rien de l'esprit de système qu'il eût fallu apporter à cette entreprise, mais il l'a fait. Le 12 mars 1666, le grand homme d'Etat écrivait à son frère, alors Intendant d'Alsace : « Comme il est de conséquence d'accoustumer les peuples des pays cédés au Roy par le traité de Munster à nos mœurs et à nos coustumes, il n'y a rien qui puisse y contribuer davantage qu'en faisant en sorte que les enfants apprennent la langue françoise,

1. Gourtiii à Colbert, Arras, 26 sept. 1663, Bibl. Nat., Mél. Colbert, 117, ^204 ; cf. • dès maintenant il seroit bon de se résoudre a bien traiter autant qu'il se pourra les pais de Flandres nouvellement conquis, afin que le bon traitement de ceux, que nous possédons, servit d'exempte et d*attrait à ceux que nous prétendons » (Bourzeis à Colb., 18 juin 1664; Mél. Colb., 121 bi$, f« 704).

Page 1