Ritter, o. c, p
6. Dès qu'on est sorti du Haut-Valais, on n'entend plus guère parler que le français (De Laporte, Soiiven. d'un Émigré, p. -120).
Voir H. Wildbolz, Die franzôsischc Kolonie von Bern (1689-1850)... Bern, 1925. Antoine Stettler, de Berne, traduisait en mauvais allemand Ronsard, Pibrac, Du Barlas (1642). Cf. Robert d'Anacker, Les iraduclions d'Antoine Sleller, Élude sur les premières influences de la liUérature fr. à Berne au XVII" s., Berne, 1927. Thèse (Kern).
Lettres historiques que Louis XIV reçut à Ensisheim les ambassadeurs des Treize Cantons. « La harangue, dit-il, fut en Suisse, prononcée fort haut, d'un ton résolu et déterminé. L'interprète parla françois. Le roi, avant de répondre, demanda s'il y avoit quelqu'un d'eux qui entendît le françois, à quoi il fut répondu que presque tous l'en-tendoient » '. Il faut se souvenir en effet, — pour laisser de côté les autres raisons que ces gens pouvaient avoir de se livrer à cette étude, — que le voisinage des régions romandes, sujettes ou alliées, nécessitait la connaissance d'une autre langue que l'allemand chez un assez grand nombre de gens de toutes classes et de toutes professions, commerçants aussi bien que magistrats^.
L'influence du Refuge dut être assez analogue à ce qu'elle fut en Allemagne. Il fournit des maîtres. Je mets au premier rang parmi eux les pasteurs. A Berne il y avait une église française dès 1623 ^ Etait-elle uniquement destinée aux évadés de la Saint-Barthélémy et à leurs descendants ? C'est fort peu probable. L'école française ne semble avoir reçu d'abord que les enfants des Réfugiés*; mais peu à peu on se mit à suivre les prêches, quand la différence de confession ne s'y opposait pas.
J'ai noté plus haut que la pression de Louis XIV fit fuir les Réfugiés loin des pays frontières. Ils gagnèrent les cantons alémaniques. Dans l'évêché de Bâle le pasteur Roques, venu du Languedoc, se fit remarquer, non seulement par ses connaissances théologiques, mais comme moraliste. Sa nombreuse famille était, nous dit-on, une sorte d'académie. Tous ses fils eurent le goût d'écrire, sa fille aînée obtint même comme poète une certaine notoriété ^ Il fit centre. A Zurich, le jurisconsulte Antoine Teissier, de Nîmes, prit une place telle qu'il pouvait écrire au Conseil : « Je me suis appliqué à écrire des livres utiles au bien public et à l'église de Dieu. Je n'ai pas négligé non plus d'instruire dans les sciences politiques beaucoup de jeunes messieurs d'entre votre bourgeoisie, et à la satisfaction de ceux qui ont bien voulu m'entendre. Puis j'ai été
\. Coqueb. de Montb., ms. 721, BibL Rouen, f» 176.
2. Je signalerai la publication en 1670 du livre de Ottius (Job. Henricus), Franco- Gallia. BasileaR, in-8'\
3. L'Eglise française (à Berne) autrefois des Dominicains, bàtio en 126.T... sert aujourd'bui au culte public en langue française, ce culte y fut établi en 1623, à la réquisition de M. le comte de la Suzc, de la maison de Champagne... Il était protestant et s'intéressait aux réfugiés français. Le chœur de celte église étant devenu inutile, on y construisit des greniers et l'étage supérieur a été converti en salle de concert, on joue des comédies et des opéras-comiques. Mais la comédie française vaut mieux... (Sinner de Ballaigucs, Berne au XVIII'' s. ; Revue Suisse, 1853, p. 390).