Sayous, Le XVIII'' s. à l'étranger, t. II, p
o. Une suite aux Annales de Linguet y fut publiée sous le titre d'Annales politiques, civiles et littéraires, puis de Mémoires historiques et littéraires.
6. O. c, II, p. 101. L'auteur cite (p. 109) l'appréciation de Rousseau : « Ils parlent très bien, très-aisément, ainsi les représcnte-t-il au maréchal de Luxembourg, mais ils écrivent platement et mal, surtout quand ils veulent écrire légèrement, et ils le veulent toujours. Ils ont une manière de journal dans lequel ils s'efforcent d'être gentils et badins. Ils v fourrent même de petits vers de leur façon. M™"' la Maréchale trouverait sinon amusement, au moins de l'occupation dans ce Mercure, car c'est d'un bout à l'autre un logogriphe qui demande un meilleur Œdipe que moi ».
çaise, s'y trouvait. Barbeyrac y séjourna et aussi De Crousaz, fils intellectuel de Leclerc et auteur d'un des premiers Traités du Beau (1715). Le fait d'avoir été soumis à la domination du Roi de Prusse n'eût rien changé à pareille époque à la faveur dont le français était l'objet. C'est dans ce milieu probablement que Vattel prit cette estime pour notre langue, qui l'a porté à la préférer au latin de ses prédécesseurs, quand il écrivit son Traité du Droit des gens ; c'est là aussi que Marat avait contracté des goûts d'idylle, dont Voltaire a vraiment eu tort de le détourner. Neuchâtel eut aussi l'honneur d'adopter M'"" de Charrière, à qui M""* de Staël dira gracieusement que « c'est en Hollande qu'on apprend le mieux le français » '. Dans ce milieu se forma Benjamin Constant.
SoLEURE. — Comme on sait, les envoyés du Roi de France étaient à Soleure, et nous retrouverons trace de leur influence en parlant du théâtre.
Une étude très intéressante, parue à la fin du siècle dernier, nous fournit des renseignements assez curieux sur les écrivains français qui sont venus à Soleure ou qui sont originaires de la ville ^. N'en citons que quelques-uns. Après La Chapelle (1653-1723), c'est Néricault-Destouches (1680-1754), que le marquis de Puisieulx, ambassadeur de France, distingue et soutient, après l'avoir trouvé simple directeur d'une troupe de comédiens. Puis vient un poète, célèbre en son temps, J.-B. Rousseau, qui, exilé, ychercha un abri et y publia ses Œuçres en 1711. En 1731, Jean-Jacques y passait un temps de sa vie errante, avant de revenir dans les environs, en 1765.
Quant aux natifs de la ville, le plus célèbre est certainement Besenval (Pierre Jos. Victor), issu d'une famille fixée dans le pays depuis plus d'un siècle, qui fut, au dire de Sainte-Beuve, avec Benjamin Constant, « le Suisse le plus Français qui ait jamais été ». Assurément la partie de sa vie la plus longue et la plus intéressante se passa en France. Il n'oubliait pourtant pas Soleure. « Aimant ma patrie et désirant lui être utile, a-t-il raconté lui-même, ...j'établis une bibliothèque publique, où je commençai par placer quatre mille volumes » ^
1 . Les Leltres de Lausanne et les Lettres Neachdteloises furent écrites à Colombier entre i783 et 4788.
Saiiile-Beuve, parlant du français de M">« de Charrière, a dit: «C'est du meilleur français, du français do Versailles que le sien en vérité... Elle ne paye en rien tribut au terroir... en rien ». Pourtant, je lis en un endroit de Caliste : « Mon parent n'est plus si triste d'être marie, parce qu'il oublie qu'il le soil », au lieu de qu'il l'est. Toujours, si imperceptible qu'il se fasse, on retrouve le sierne (dans Savons, o. c, t. H, p. 119). 6 V J ,