‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 123 sur 595 · Id.. ib.. p · texte numérisé non relu

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sans contredit une des causes principales de l'affluence des Elevés en ce Collège » '.

Séjours et voyages en France. — On allait aussi en France. Le Jury de l'École Centrale de Besançon adressera en l'an X un mémoire au gouvernement, pour demander la création d'un lycée et de deux Écoles de droit et de médecine. Un des arguments invoqués par les professeurs est le suivant : « Notre Département touche l'Helvétie. La jeunesse de ce pays vient à Besançon, soit pour apprendre la Langue française, soit pour y puiser d'autres connaissances. Privera-t-on ce peuple, ami de la France, de cet avantage » ? - Or ce n'est point là un fait imaginé pour les besoins de la cause. 11 serait facile de citer des noms de jeunes gens qui étaient venus dans la ville à l'effet de s'instruire. Ainsi le Dr. Zay, Schwyzois, avec qui Bridel entra tout d'abord en rapports, qui était né en 1754, avait pris ses degrés à Besancon.

Bodmer nous a parlé des voyages des jeunes Zurichois : « Les voyages fréquents des jeunes gens en France, dit-il, apportaient chez nous à [Zurich] les modes et la légèreté, mais aussi l'amabilité, la familiarité avec les écrivains classiques français et le goût. Le goût de la lecture devint non plus seulement l'affaire de ceux qui vivaient de l'instruction, mais de personnes de tous états qui se faisaient ainsi une culture agréable et instructive » \

J'ai déjà eu l'occasion de dire l'impression enchanteresse que dès le XVI* siècle la politesse française avait faite sur un jeune Bâlois^. Le journal d'Iselin montre que le charme de la France et de Paris n'avait fait qu'augmenter. Iselin a voulu tout voir, tout entendre, et il a consigné chaque soir ses réflexions. On ne peut pas dire qu'il soit ébloui, car il juge ; il distingue les bonnes pièces et les mauvaises, les acteurs qui ont du talent et ceux qui en manquent, les femmes qui sont jolies et celles qui sont laides ou mal attifées. Mais, malgré ces réserves, le charme opère : « La volupté, écrit-il à Frey, a ici de beaucoup plus grands attraits pour un homme fait comme moi que chés nous, où elle n'est qu'une espèce de brutalité.

i. Rapport du Cons. d'Arr'. en réponse à la circulaire de ventôse. Arcliives Sorb. lart. XXVIL

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