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femme, une Allemande, qui en cela suit la façon de faire de la Cour de Berlin '. Dans un dîner auquel assiste van Hardenbroek, celui-ci s'entretient en français avec la princesse et avec M"* Dankelman, mais après le repas le prince le prend à part et lui adresse la parole en hollandais (IV, 92)-. Et cependant, Guillaume, lui aussi, a une forte culture française ; il critique le français de van Goens, dont il sera question plus loin, il cite un vers de Britannicus : « Mais Narcisse, seigneur, ne vous trahit-il point? » et encore un vers d'une pièce où un général, au moment de la bataille, est abandonné de son ami le plus fidèle : « Vous m'avez trop flatté pour ne pas être traître » ^
Ces renseignements sont confirmés par d'autres témoignages. La princesse, fille de Frédéric II de Prusse, écrit en français ses Mé- ?noires et ses Rêveries, fréquente l'église wallonne, correspond avec sa fille en français, et également avec le Grand Pensionnaire van de Spiegel, à qui elle avait commencé par écrire en hollandais^. Toutes les nombreuses lettres de Guillaume V à son représentant en Zélande ^ sont en français, sauf quelques rares exceptions. Guillaume IV s'intéressait à la question de la « purification » du hollandais de la Cour, où abondaient alors les mots français, mais, quand il s'agissait de faire connaître au monde ses faits et gestes, il chargeait un Français, Rousset deMissy, en qualité d'historiographe, de le faire dans une langue que toute l'Europe comprenait.
Dans la haute société. — La haute société de La Haye, à en juger d'après certains témoignages, n'avait pas attendu qu'il v eût de nouveau une Cour pour parler la langue et suivre les modes françaises ; c'était la tradition depuis le xvii^ siècle ; elle la continuait*^. Van EfFen, un Hollandais qui écrit le plus souvent en français et dont il sera parlé plus loin, dit que son Spectator, rédigé en hollandais, n'est guère lu par les grands ni surtout parles demoiselles du grand monde. « C'est du hollandais, disent-elles, et de ma vie je ne
1. Ih., t. IV, p. 163 ; comparez cependant t. IV, p. :2-2r>, où elle dit une plirase liollandaise. L'ambassadeur allemand Tulemcver parle français (t. IV, p. HoO).