‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 158 sur 595 · Sayous, 0. c, t. I, p. 49. Cf. ci-dessus · texte numérisé non relu

Sayous, 0. c, t. I, p. 49. Cf. ci-dessus

çais ; plus tard on a eu recours aux Suisses ; puis, lorsque ceux-ci devinrent de plus en plus exigeants, on s'adressa aux Allemands. Il V a donc eu une évolution au cours du siècle, mais, quelle que fût la provenance de ces maîtres, on leur demandait de comprendre parfaitement le français et de le prononcer d'une façon irréprochable, parce que « cette langue est aujourd'hui tellement nécessaire à un homme de naissance »'. Pour cela on passait sur bien des choses. D'après certains moralistes, les gouvernantes ne semblent pas toutes, en effet, avoir été également recommandables : « Les Hollandais, qui aiment tant la France, semblent se contenter en général du rebut féminin de cette nation. De vieilles actrices, des femmes de chambre renvoyées, de jeunes veuves qui n'ont jamais été mariées et voyagent pour retrouver leurs amants infidèles, voilà les « mesdemoiselles » si hautement appréciées en Hollande » ". Viennent ensuite des Suisses et des Suissesses ; encore au début du SIX* siècle, on lit dans un roman : « Il serait trop difficile d'avoir toujours des gouvernantes d'Orléans (c'est à Orléans qu'on parle le français le plus pur) et nous avons des Suissesses tant que nous voulons » ^ Le mari de M""" de Charrière, qui était suisse, avait été, ainsi que nous l'avons vu plus haut, précepteur dans la famille de sa future femme. D'après Diderot*, on ne trouvait (en 1774) que « peu de précepteurs ou de gouverneurs en Hollande ». Plus d'un homme de qualité a dû avoir comme gouverneur un Allemand, comme c'était le cas de Johan de Back, dont parle van Hardenbroek dans ses Mémoires ^

Si donc on tient compte du fait que, parmi les gouvernantes et les gouverneurs français du début du xviii" siècle, il s'est probablement trouvé beaucoup de Réfugiés, déjà plus ou moins adaptés aux milieux hollandais, on est porté à conclure que, dans ce groupe non plus, le contingent des Français n'a pas été plus considérable qu'ailleurs. M. Riemens, lorsqu'il dit*^ qu'il y a eu « un grand nombre de Français et de Françaises parmi les gouverneurs et les gouvernantes », entend sans doute ajouter la restriction qu'il fait lui-même quelques lignes auparavant, où il parle de ceux qui

\ . Van Effen, dans Elzinga, o. c, p. "20.

1. liijdragen tôt liet menschclijk geluk, p. 277, dans Hartog, o. c, p.7o. L'opinion du marquis d'Argens (Lettres Juives, CI, t. III, p. 87) est plus favorable : « Les Filles sont à cet Egard beaucoup mieux partagées que les Garçons; et les Personnes auxquelles on les confie, sont incomparablement plus propres à bien remplir leur Vocation ». Les gouverneurs sont, d'après lui, « des Moines défroqués et de petits Prestolets révoltez ».

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