‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 200 sur 595 · Id., ib., p · texte numérisé non relu

Id., ib., p

3. Id., ib., p. 401. Fox écrivait en français à M™" de Genlis (Genl., Méin.. p. '27"i).

4. Letl. d'un vojag. angl., 2^ éd., 1780 (en français). 3. Voir Clemens Parsons, Garrick and his circle.

2o4 HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

un pur langage de société. En réalité, pour quiconque avait quelque curiosité intellectuelle, il s'imposait comme une étude indispensable, ouvrant un trésor d'art, qui s'accroissait toujours. En effet aux grands hommes du siècle précédent en succédaient d'autres, dont l'esprit, orienté de façon nouvelle, ajoutait aux anciennes œuvres des œuvres d'un caractère différent, mais nullement inférieures et plus proches de l'esprit anglais. Pour ne citer qu'un exemple, on imagine ce qu'un Adam Smith devait éprouver, quand il rencontra à Paris Quesnay et les Economistes, dont il allait reprendre et continuer le labeur, sauf à corriger leurs doctrines. Bentham écrit à son frère le 23 septembre 1773 : « Que vous vous sentirez heureux de posséder bientôt une langue qui vous payera si bien de votre travail ! Oui, vous lirez avec Davies (et pourquoi non avec moi?) le divin Helvétius » '. Des écrivains comme Sterne en 1762, Smollett en 1763, Hume aussi, également en 1763, étaient venus chercher la santé en France, ou y consacrer leur réputation '. En outre, quelle que fût l'attraction de la France, on ne saurait le marquer trop expressément, ce qui poussait les Anglais plus que le charme des conversations parisiennes, plus que la culture française, à étudier notre langue, c'était l'avantage qu'elle présentait pour eux d'être répandue partout. Parler latin sur le continent, comme le firent un Goldsmith ou un Johnson, pouvait convenir ou suffire dans certains milieux, mais, outre que ces milieux étaient en fort petit nombre, ils étaient aussi très spéciaux. Le français ouvrait la plus grande partie du monde civilisé, et rien n'était plus précieux pour un peuple de voyageurs. D'où le mot de l'abbé Leblanc : « Ce qu'il ambitionne le plus [le jeune noble anglais], c'est de parler aisément les Langues de l'Europe, ou, pour abréger son travail, d'acquérir du moins cette facilité dans le François »^

Visiteurs indifférents. — Certains Anglais sont venus en France et y ont séjourné ; je veux parler des gens de métier, par exemple des jardiniers qui ont appris à nos aïeux à tracer et à vallonner des jardins anglais, des jockeys, des lads, etc., qui ont importé les courses de chevaux. Ils ont introduit dans notre langue des termes et des expressions anglais dont nous avons eu l'occasion de

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