LES GALLICISMES EN ANGLAIS
moins, se donner la possibilité de suivre le mouvement dans sa croissance, ses arrêts, sa décroissance ; mais, outre les difficultés énormes que cette disposition présentait, je me suis rendu compte que les observations qu'on en pouvait tirer pour l'histoire, étant donné le rôle que jouent dans cette propension à l'emprunt les dispositions personnelles, couraient grande chance d'être erronées, sans compter que la langue parlée échappait à toute étude, malgré son importance.
Tout bien considéré, il m'a paru préférable de classer les mots français par catégorie. Un tableau fait sur ce principe, s'il pouvait être complet, permettrait de déterminer ce qui intéressait les Anglais dans la vie et la pensée françaises. On pourra déjà voir ici que c'est lorsqu'il s'agit de l'homme en lui-même, de ses défauts et qualités, de ses connaissances, de sa façon de vivre et d'agir, de ses rapports de société, de ses usages, des modes qu'il a adoptées, de la paix ou de la guerre, que les expressions d'origine française abondent.
Ceci dit, je ne puis me dispenser de donner à mon lecteur quelques avertissements nécessaires. Le premier et le plus important, c'est que les mots énumérés n'ont pas joué en anglais le même rôle les uns que les autres. J'ar fait pour cette raison abstraction des termes qui, se rapportant à des choses étrangères, ne pouvaient être assimilés ; ce sont, comme on disait jadis, des mots de « relations ». Lit de justice ou Lettre de cachet en offrent des exemples caractéristiques. L'Angleterre n'a jamais connu ces deux usages de notre ancien régime, pas plus qu'elle n'a eu de capitouV.
Il y a une grande différence entre un mot qui s'est imposé à l'usage, et un mot éphémère, qui n'a fait que passer ou même a été particulier à un auteur qui l'a employé pour un effet, par précision, par paresse, par snobisme aussi. Ces y.r.j.\ comptent pourtant. Ils attestent des influences sur des individus, lesquelles ne sont pas négligeables pour le sujet qui nous occupe. Il faut pourtant les mettre à part. Je les marquerai d'un c. On trouvera dans le tableau une foule de mots français particuliers à Walpole ; on ferait de même un Dictionnaire de ceux de Chesterfield '.
Quoique certains mots se retrouvent chez plusieurs écrivains, ils n'ont pas eu pour cela la même fortune. Il en est qui ont vécu