‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 271 sur 595 · L. Lefcbvre, Le Théâtre de Lille au XVIIP siècle, p · texte numérisé non relu

L. Lefcbvre, Le Théâtre de Lille au XVIIP siècle, p

périodiquement sur les scènes de nos voisins chez qui de bonnes recettes leur sont assurées '.

La Presse. — H y J^ une presse dans les Pays-Bas Autrichiens. Si elle n'a jamais eu l'importance de celle des pays voisins, son action ne fut pas nulle. En i7oo se fonda La Littérature belge, qui ne vécut pas. Mais en 1768, Laplace, qui avait dirigé Le Mercure, vint s'établir à Bruxelles et y exercer ses talents'.

La Société. — Un heimatreich : le Prince de Ligne. — Le Prince de Ligne, l'Hamilton de la Belgique, comme l'appelle Allou, était né sujet de l'Autriche ^ Il fut général au service de cette puissance, et de diverses autres.

Or, si son allemand était médiocre^, son français est non seulement d'une parfaite aisance, mais étincelle de vivacité et d'esprit. Il raconte lui-même que, lorsqu'il apporta à Versailles, en 17o9, la nouvelle de la victoire de Maxen, on ne revenait pas de ce qu'il savait si bien le français et de ce qu'il ne savait pas le hongrois^.

Versificateur habile, critique avisé, avec son tempérament de Mécène, il eut un rôle énorme aux Pays-Bas. Non seulement on parlait et on écrivait le français autour de lui, mais on imprimait

1. Le type de ces troupes, pour lesquelles il n'y avait plus de frontière des Pays- Bas, est la troupe Casimir qui, pendant au moins une douzaine d'années, fit la navette entre les salles flamandes et les salles picard<^s. En 1774, elle vient de Gand à Douai et Arras; fin 1775 elle est de nouveau à Gand et en février 177(3 à Saint-Quentin ; en avril elle a regagné Anvers et revient à Saint-Quentin en février 1777 ; au cours des années suivantes elle visite Anvers, Amiens (1778), Lille (1779), Cambrai, Anvers (1780), Abbeville, Cambrai (1781). Anvers, Arras (1782), Gand, Arras (1785). 11 serait intéressant d'arriver à reconstituer l'itinéraire complet de Casimir pendant cette période. Mais il ne fut ni le premier ni le seul à desservir tour à tour la France du Nord et la Belgique : dès 1774 Pierre Delaunay qui est à Gand, demande la salle d'Amiens ; en 1758 Bienfait cadet et Pitrot s'en vont de Lille à Gand, et en 176:2 Lcrov, de Gand regagne Arras ; en 1769 la troupe de Bellemont joue à Gand, venant de Charleville ; Malherbe en 1782, Dcsroziers en 1783 quittent l'un le théâtre de Li('ge, l'autre celui d'Anvers, pour la scène d'Arras; en 1778, Bigeault, Vo'mcrangc et Debray demandent encore, de Tournai, la salle de Saint-Quentin.

Cf. sur la circulation des troupes dans cette région : Arch. Mun. Amiens, FF 1308 à 1311 ; A. de Cardevacque, Le théâtre à Arras ; Lefebvre, Histoire du llœdtre de Lille; G. Lhotte, Le théâtre à Douai: Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai, t. 39, 1883; Mémoires de la Société d'émulation d' Abbeville, 20, 1901; G. Lecoq, Histoire du théâtre de Saint-Quentin.

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