Faber, o. c, t. Il, p
2. Après avoir traduit Le Cid et Cinna, il traduit l'Andronic de Campisfron et déclare dans l'Avant-propos de sa traduction : « Rien n'est comparable à la scène française, et il est impossible d'arriver à la perfection autrement qu'en suivant cette muse dramatique. Par conséquent l'Académie Dunkerquoise ne saurait mieux -faire que de traduire ce tbéàtre et de le prendre pour un sûr modèle à suivre » (cité par Gûthlin, Mémoires de la Société Dunkerquoise pour Vencourwjement des Sciences, t. XII (1867), p. 330). — On remarquera le nouveau litre français, substitué au nom flamand : Chambre de Rhétorique.
3. « Peu de nos poêles rhétoriciens savaient comme de Swaen imprimer à une traduction le cachet de leur génie propre. Bien souvent, au contraire, pour toute composition dramatique, on s'exerçait à traduire une pièce française, parce que cela était plus commode et ne nécessitait après tout qu'un talent de versification ; c'est ainsi que le génie flamand se retira peu à peu du sein de nos sociétés de rhétorique devant l'imitation de l'étranger, et que la médiocrité finit par régner seule dans des cercles dont les membres s'admiraient les uns les autres, pour être admirés eux-mêmes » (Abbé Caruel, Annales du Comité Flamand de France (1860), t. V, p. 4o).
4. On traduit Le Bounjeois Genlilhomme en 1742, Le Médecin malgré lui en 1747 ; en 1769, une traduction de Mithridate est imposée comme a morceau de concours » aux treize sociétés qui prennent part au tournoi organisé par la Chambre de Bailleul ; de 1770 à 1787, la Chambre de Roullers joue cinq tragédies de \oltaire (Abbé Caruel, 0. c, pp. 32 et suiv. ; F. de Potter, Sclieks eener (jeschiedenis van Rousselaere, p. 182).
a. « Sous Marie-Thérèse il y avait à Bruxelles une salle de spectacle dans la rue qui porte aujourd'hui le nom de rue des Comédiens. Des troupes françaises ambulantes y donnaient, pendant l'hiver, des représentations. Leur présence encouragea quelques chambres à aborder la scène française... Les meilleures Rhétoriques ne tardèrent pas à jouer en français et en flamand, et souvent la même pièce, à quelques jours d'intervalle. Ce doublo honneur fut accordé à Zémire et Azor, Le Déserteur, Lodowiska, La Belle Arsène, Teniers, Le Tonnelier, Les Deux Chasseurs, La Laitière (sic. 11 faut lire probablement Les deux Chasseurs et la Laitière), Annette et Lubin, Le Sabot perdu. Les Tambours Noctuimes (sic. lire: Le Tamb. ?^oct.),,Les Deux Mannequins, Le Festin de Pierre, Georges Dandin. Monsieur de Pourceaugnac, etc.. ».
Ces pratiques enlevèrent au théâtre flaaiand toute son originalité, c'était inévitable : « Si quelques pièces sérieuses ont la prétention d'être originales, il ne faut pas être grand connaisseur pour y reconnaître le pastiche, un parler exotique, et des larcins impardonnables. Les meilleures, celles mêmes qui sont ... exemptes de ces taches, n'ont de
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alternativement leur traduction et l'œuvre originale. Bref on aboutit là où l'on devait aboutir, c'est-à-dire à mêler un des répertoires à l'autre et à faire alterner pièces flamandes et françaises, si toutefois on peut encore appeler flamandes des pièces qui ont perdu à peu près leur caractère.
La langue elle-même se corrompait : « On ne savait plus, dit Stecher, même parmi les grammairiens, en quoi consistait la correction, la pureté de la langue. Les poètes... étaient d'une nullité désespérante... Ils n'étaient en général que de médiocres traducteurs du français... J.-F. Cammaert notamment » '.
Dans ces conditions, la résistance à l'influence du théâtre français ne pouvait être bien heureuse. A Bruxelles, « l'engouement de la bourgeoisie devenait peu à peu aussi fort que celui de la noblesse » ; les directeurs eurent à Paris leurs correspondants pour les tenir au courant de tout ce qui s'y donnait, pour leur faire passer aussitôt que possible des exemplaires du livret ou une copie du manuscrit de la dernière nouveauté ; l'abbé Nicoly traitera pour Witzthurab avec Grétry, afin que celui-ci, moyennant une pension annuelle, assure à Bruxelles la primeur de ses œuvres — après Paris -.
Fait étrange, à première vue tout au moins, ce n'est pas dans les régions de langue française que la vie théâtrale parait avoir élé la plus active. Bien que Xamur possédât une salle de spectacle depuis 1723, elle n'était visitée encore en 1780 que de loin en loin, par des troupes de passage ; il en va de même pour Mons, dont la salle fut ouverte en 1761 seulement, pour Verviers, qui n'eut pas d'installation permanente avant 1774. Le théâtre de Liège lui-même ne paraît avoir été que médiocrement prospère^.
A Gand, au contraire, et à Anvers, les représentations françaises, qui étaient goûtées dès le xv!!*^ siècle, se continuent, et brillamment, pendant tout le xvin*. Ce fut une troupe française qui inaugura la nouvelle salle en 1739 ; la Clairon y joua dès 1742 et y revint plusieurs fois^. Dans la seconde moitié du siècle, les deux grandes villes flamandes font partie de l'itinéraire des troupes qui desservent le Nord de la France. Casimir, Desroziers, tous les directeurs dont le nom se retrouve dans la région d'Amiens et de Lille paraissent
belge que Tortographe (sic) de Des Roches et la signature de leurs auteurs ; on n'y voit, à part le feu poétique, pas plus l'esprit national que le caractère du peuple » (PopclitTs, Précis de l'Histoire des Chambres de Rhétorique, p. 7G-77).
4. Ilisl. lit!., p. 274. — Cf. Piot, Le Rhjne de Marie-Thérèse, p. 184, et Discours sur l'abandon de la lamjue maternelle dans les Pays-Bas (Maestricht ?). Cf. Wilinotle, Cuit. fr. en Dehj., p. 79.