‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 28 sur 595 · Leyde · texte numérisé non relu

Leyde

8. Il ne s'en tint pas là. On vient de découvrir un catalogue imaginaire et bouffon de libraire où il parodia une certaine littérature française de l'époque.

assez profond. Ceux qui avaient étudié en théologie protestante s'en servaient dans leurs recherches, leur correspondance, quelquefois leur prédication, comme Tôrôk dans des sermons de Vienne. Ils ne suivaient pas seulement le mouvement de Genève, mais celui de la France. On en vit concourir dans des joutes académiques, comme Benkô, qui remporta un second prix à l'Académie de Dijon.

Diffusion des livres français. — Les érudits hongrois ont eu l'excellente idée de fouiller les anciennes bibliothèques du pays. Ils y ont trouvé la preuve que, malgré toutes les censures, nos livres y étaient largement représentés. La bibliothèque du comte Ràday, achetée plus tard par l'Académie de théologie réformée à Budapest, est déjà riche en ouvrages français du xvii" et du xviii* siècle*. Mais celle d'Arad la dépasse de beaucoup "^ La progression des livres français suit visiblement le mouvement de notre influence. Du xvi" siècle quatre ouvrages, du xvii* une centaine, du xvin'' et des premières années du xix" trois mille six cents !

« Les livres, dit l'auteur auquel je renvoie, se signalent moins par la rareté des éditions que par le tableau complet qu'ils présentent de la littérature du siècle. En effet c'est la partie la plus précieuse de la bibliothèque d'Arad. Voici d'abord les traductions des auteurs classiques : Homère, Anacréon, Eusthate, Héliodore, Lucien, Démosthène, Xénophon, Epictète, Marc-Aurèle, Platon, Horace, Juvénal, Lucain, Virgile, Cicéron et Tacite ; les traductions d'auteurs allemands : Lessing, Gellert, Haller, ^Vieland, Chr. Wolf, Meissner, Moser, Campe, Meiners, Eberhard, Lichtwehr, Erdman, Schuman, Hirzel, Hertzberg, etc. Mais la majorité des traductions appartient à la littérature anglaise : près de 2o0 ouvrages traduits de l'anglais s'alignent sur les rayons de la bibliothèque d'Arad.

« D'autre part, toute la curiosité encyclopédique de ce siècle inquiet se reflète dans la composition de cette bibliothèque. Voici d'abord les bibliographies de Chaudon et de De la Porte, les grammaires, les dictionnaires et les ouvrages pédagogiques, la critique d'art avec les œuvres des PP. André et Brumoy, de Rollin, de Batteux, de Falconet, de La Harpe ; les périodiques : les Obserifations sur la littérature moderne de De la Porte, Le Pour et le Contre de l'abbé Prévost, les Cinq Années Littéraires de Clément, la Bibliothèque raisonnée, quelques années au Jouinal Littéraire, des Annales politiques et littéraires, des Spectateurs, et les divers Courriers du

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