‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 29 sur 595 · Baranyai, o. c, ch. xi et xxi · texte numérisé non relu

Baranyai, o. c, ch. xi et xxi

2. Voir Alex. Eckhardt, Les livres fr. d'une bib. privée en Hongrie (fi. des Et. Hongr,, 1923, p. 3-i).

Bas-Rhin, de l'Europe, etc., portant à travers l'Europe des nouvelles de la France qui tenait en haleine tout le continent.

« Voici ensuite les poètes gentils, froids et galants : Gentil Bernard, Bernis, Colardeau, Dorât, Louis Racine, Delille, Boucher, Saint-Lambert, Piron, Cubières de Palmezeaux, Boufflers, Gresset et d'autres.

« On trouve aussi une assez belle collection dramatique du xviii" siècle' : Les deux Corneille, Quinault, Voltaire, Crébillon, Du Belloy, Destouches, Marivaux, Boissy, Carmontelle, Fagan, M""^ de Genlis, Guyot de Merville, Legrand, Moissy, Palissot, Piron, Rochon de Chabànnes, Nivelle de la Chaussée, Diderot, Mercier, Saint-Foix, Beaumarchais, Favart, Vadé, tels sont les auteurs dont les œuvres plus ou moins complètes reposent dans la bibliothèque du Musée d'Arad.

« Le genre le mieux représenté est sans doute celui des contes et romans, orientaux et politiques, sentimentaux ou pervers ; on m'excusera d'omettre ici une énumération longue et fastidieuse des titres et des écrivains.

« La bibliothèque n'est pas moins riche en ouvrages philosophiques. Les œuvres complètes de Voltaire et de Rousseau, dont un grand nombre d'éditions princeps, celles d'autres penseurs, petits et grands, philosophes et économistes, forment une très belle collection, le véritable noyau de la bibliothèque.

« Il faut mentionner encore les « voyages » imaginaires et réels, une abondante littérature de correspondances et de mémoires, des travaux historiques et enfin un bon nombre de pamphlets révolutionnaires ».

Cette collection appartenait à Julie Csâky, née Erdôdy et fille du comte du même nom, mariée en 176i. Si on réfléchit que l'introduction de nos livres était alors prohibée, on se rend un compte plus exact encore de la passion qui animait les gens du château et leurs hôtes.

L'apprentissage du français. — On peut se demander, non où les écrivains dont nous avons parlé avaient appris notre langue, — nous avons eu l'occasion de l'indiquer pour plusieurs d'entre eux, — mais où l'aristocratie, la petite noblesse surtout, en acquérait la connaissance. Suivant Baranyai, le Collegium Theresianum, créé à Vienne par l'Impératrice avec l'aide des Jésuites, aurait été le centre du rayon-

\. L'auteur entend-il /ormée ou imprimée au xyiii^^ s., ou bien, par négligence, n*al-il pas dislingue les œuvres du xviii« des précédentes ?

nement de la culture française*. Il n'en est pas moins vrai que, dans les grands collèges, c'était matière facultative, et qu'à l'Université de Pest il n'y eut point d'enseignement du français avant 1791.

Il arrivait aux Jésuites, partout grands amateurs de représentations théâtrales, de faire jouer des pièces en français (1765 et 1768)', quelques-unes de la composition des Pères eux-mêmes.

Les Piaristes, dont l'importance s'accrut après la suppression des Jésuites, tout inspirés de Port-Royal et de Rollin, formaient leurs novices à la pédagogie française et leurs élèves à la connaissance de la principale langue de l'Europe. On a une Politique chrétienne de Jean Corver (1770). Un de leurs maîtres les plus éminents, Benyâk, emporté par son zèle et son admiration pour « la majesté et l'élégance de la langue française », composa une grammaire à l'instar de celle d'ArnauId et Lancelot^

Le mouvement gagnait les écoles de jeunes filles ; on nous a rapporté qu'à Presbourg les sœurs de Notre-Dame enseignaient la géographie de la Hongrie dans un abrégé français^.

Nous avons peu de renseignements sur les maîtres. Il semble que ce fussent ou des Français résidant en Hongrie, — il y en avait peu, — ou des candidats à des fonctions ecclésiastiques, qui avaient étudié dans des Universités étrangères, enfin des Suisses ou des Hollandais. Il nous est parvenu des livres, mais en petit nombre, et dont un seul peut entrer en comparaison avec ce qui était en usage ailleurs.

En 1727 paraît un traité anonyme de prononciation de la langue française^. Si l'auteur n'était pas un Parisien, il avait longtemps séjourné à Paris et il a écrit d'après son propre usage. Il est capable, par exemple, d'observer que dans notre, sauf dans Notre-Dame, re ne se fait pas entendre devant un mot commençant par consonne : not{\€) maison. Mais à qui et à quoi pouvait servir un traité de ce genre ? Sans doute était-ce un mémento à l'usage de ceux qui avaient appris dans les livres, et qui essayaient de parler.

Vient ensuite un Recueil de dialogues, par Nicolas Liszkai (ancien réformé, devenu prêtre catholique), composé d'après un recueil franco-allemand ^ Le manuel qui compte le plus est peut-être Le sincère maître, de Thomas, paru comme les précédents à Sopron

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