Rôrdam, o. c, p
Les Danois en France et les Français en Danemark. — Il y avait déjà quelque temps qu'on imprimait à Paris des livres pour les Danois', et le fait engage h la réflexion, quand on considère qu'ils auraient pu s'adresser soit en Allemagne, soit en Hollande^.
Tout cela, il est vrai, n'avançait pas positivement les affaires de la lanoue française. Nous en avons même une preuve décisive. Le traducteur de la Bible de Christian III (lequel avait, comme on le sait, aboli en lo36 le catholicisme), Christiern Pedersen, avait fait séjour h Paris en 1527. Il eut la bonne fortune de trouver un exemplaire de la légende A'Ogie?- le Danois, mais l'œuvre était en français et Christian ignorait notre langue. Pedersen fit traduire, pour «de l'or et des deniers » le manuscrit en latin, et c'est de cette langue qu'il le fit ensuite passer en danoise N'y avait-il pas là tout de même une promesse? Une imprimerie n'est pas une fabrique de chaussures. Ceux qui exerçaient ce métier étaient alors des intellectuels, et leurs presses, tout en répandant des livres latins, en produisaient aussi en langue vulgaire. Un contact avec eux éveillait des curiosités.
D'autre part, des Français furent amenés à aller chercher fortune dans le Nord. Ils y trouvèrent bon accueil, on leur donnait des emplois, particulièrement dans les armées*. Ainsi, au temps de Frédéric II (loo9-1588), il y avait dans la flotte danoise un vaisseau qui s'appelait la « Galère Française »; elle était commandée par un capitaine français, Jean de la Rue '.
Avant cela, en 1519, des troupes françaises, commandées par Gaston de Brézé et Armand de Pardaillan de Gondrin, furent officiellement envoyées en Scanie, au secours du roi de Danemark menacé par les Suédois, et leur bravoure fut admirée au combat de Bogesund (1520)". II est vraisemblable que quelques oflîciers ou soldats restèrent dans le pays.
On a conservé aussi les noms d'artisans qui allèrent montrer là-bas des échantillons de leur art, tel Antoine Maillet, relieur de son