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Histoire de la lamjue française. VIII. 26

puis augmentée encore, la Karlamagniis Saga \ vaste compilation, en prose norvégienne, de huit ou dix chansons de geste : Doon de la Roche, Le Couronnement de Charles, Aspremont, Ogier, La Chanson de Roland, Le Montage Guillaume... La Légende de Roland surtout a laissé dans les esprits une trace ineffacée"^; Tristan et Yseut se retrouve dans Tristramssaga et dans des chansons. Chrétien de Troyes aussi nous a fait honneur. Ivain ou le Chevalier au Lion a été célèbre dans ces pays lointains, et on l'y a découpé en chansons. Mais il a suffi pour tout cela qu'un Français sut la langue du pays ou qu'un Danois eût appris le français ^

Toutefois Verrier a remarqué finement que les mots empruntés apportaient un témoignage décisif de l'influence qu'exerçaient notre société, nos mœurs et notre esprit. Quatre adjectifs caractéristiques avaient passé jusqu'en Islande : kœrr (cher), prùdr (preux), fùnn (fin), kurteiss (courtois).

i. Le compilateur de la Karlamagnus Saga fut peut-être Tin Français.

i. Une chanson norvégienne s'appelle « Roland et le Roi Magnus » et dans une vallée des plus isolées on trouve le nom de ferme Rosevall, qui n'est autre chose que Roncevals (ou Roncevaux).

3. On a fait plusieurs fois allusion à Ogier le Danois, le valet de pique de nos cartes à jouer. C'est une déformation du nom primitif: Ogier VArdenois. Ogier le Danois n'en est pas moins devenu le héros national du Danemark.

Échange de visites et de politesses. — Au seuil des temps modernes, les rapports furent réglés par des conventions diplomatiques'. Les négociations commencées sous Louis XII aboutirent en effet avec François P'. Christophe Richer fut envoyé en mission en loil, après le traité signé à Fontainebleau. Il était muni de lettres de créance de François I" pour le roi de Danemark, comme pour le roi de Suède. Il résida auprès de Christian III, définitivement élu roi en 1534 et devenu maître du Danemark en 1536, de la Norvège en 1537. C'était chose importante.

Un des successeurs de Richer, le seigneur de Danzav, fut dans le pavs non seulement l'agent politique du roi, mais le représentant de la culture française'. Lui aussi eut le temps d'agir, car il vécut là quarante et un ans.

De son côté Christian III employait souvent comme ambassadeur auprès du roi de France ce gentilhomme danois dont nous avons parlé: Georges Lykke, qui occupait une position considérée à la Cour de France^

1. Un traité d'alliance fut signé en 'Ii98. Louis VII envoya à Copenhague, en 1506, son premier « roi d'armes », Montjoye. En 4511, nouvel envoyé français à la Cour danoise. C'était Pierre Cordier, docteur en droit, un des Régents de l'Université de Paris, Conseiller du Roi. Son récit a été publié en 1835 par Becker, d'après le manuscrit conservé à Copenliague (Dclavaud, o. c, p. 49).

2. Delavaud, o. c, pp. 5*2, 5, et Rôrdam, Rés. fr. près la Cour de Danemark au XVl^ s. Danzay fut chargé par François I*"" de remettre au roi Frédéric une lettre personnelle du roi de France, qui invitait à envoyer en France une mission spéciale.

Dans le courant de l'année 1561, une dépulation composée de personnages de la noblesse et de la Cour, conduite par Georges Lykke, gentilhomme danois, se rendit à Paris, oîi elle fut comblée de prévenances. Tout le faste de la Cour des Valois fut déployé en Ihonneur des Danois ; les plus vives protestations d'amitié furent échangées et, comme témoignage de ses sentiments, le roi de France informa le roi de Danemark qu'il lui conférait le collier de son ordre, celui de Saint-Michel.

Une mission française, conduite par le rhingrave Jean-Philippe, seigneur de Finstingen, se rendit aussitôt à cet effet en Danemark et remit les insignes de l'ordre à Frédéric II, qui résidait alors à Flensbourg (Alfred Richard, Charles de Danzay, p. 44).

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