‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 320 sur 595 · Voir Strindberg, o. c, p · texte numérisé non relu

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3. La bibliothèque de Vadslcna fait acheter à Paris, au commencement du xv« siècle, une collection de manuscrits dont la note a été conservée jusqu'aujourd'hui. Le catalogue des incunables do la bibliothèque d'Upsala, dressé vers la fin du moyen âge, fait mention d'un recueil de poésies et d'un mémoire français (Strindberg, o. c,

■4. Wrangel, Et Blad ur historien..., pp. 18-20. 5. Strindberg, o. c, p. H6-117.

Hôffbero' ' a montré que l'ignorance du français était alors générale. Et il en donne, entre autres preuves, celle ci : Martinus Olai Helsingius, secrétaire du roi Erik XIV, séjourna trois ans en France (loo9-lo62) ; il était fort épris de notre langue, qui lui rappelait le grec; or, à propos de sa traduction deVO/aison de la Paix de Guillaume Aubert, il déclare que l'usage qu'il pourrait faire d'une œuvre française dans son pays serait nul ou à peu près, car la langue n'est connue que d'un très petit nombre de personnes ; il se servira donc du latin.

La Réforme et la Renaissance. — A cette époque diverses causes tendirent cependant, les unes à diminuer, les autres à accroître les relations de la Suède et de la France, et tout d'abord la division survenue dans la chrétienté. La France protestante eut ses centres d'études. Saumur était particulièrement fréquentée par les Suédois. Académie et Université les attiraient, souvent à la fois, car, dans ce temps de batailles, les élèves, même bourgeois, avaient profit à être bons cavaliers. Là était le a pape des Huguenots », Ph. de Mornay, seigneur du Plessis-Marly. Ce savant, ami d'Henri lY et de Coligny, eut l'honneur que son livre. De la vérité de la religion chrétienne, fût traduit en suédois -. On traduisit aussi les Psaumes de Marot — mais sur une version allemande ^

Plusieurs seront peut-être étonnés de me voir citer Strasbourg parmi les villes françaises que fréquentaient les Scandinaves. J'ai dit ailleurs comment il y avait là un centre d'études françaises dans l'Empire germanique*. Strasbourg, en effet, était luthérien ; grand avantage, car le calvinisme était presque aussi redouté en Suède que le catholicisme. On y voit le maître de langue Martin dédier à des étudiants Scandinaves, ses élèves, son Parlement nouveau.

S'il s'agissait ici de marquer l'influence générale de la Renaissance française, il faudrait tenir grand compte de la diffusion de la philosophie ramiste. A la veille de la mort tragique du malheureux philosophe, la renommée de ce Français, traqué en France, atteignait son apogée dans les pays du Nord. Joh. Schroderus (Skytte), un socratiste (c'était le nom de ses protagonistes), la fit pénétrer jusque chez Gustave-Adolphe, dont il était le précepteur. Mais, si La Ramée était un partisan décidé de la langue vulgaire, dont il a fait une

t. haac Cujacius, p. 194.

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