CHAPITRE II RAPPROCHEMENT
La Guerre de Trente ans. — Nous voici arrivés à la Guerre de Trente Ans, c'est-à-dire à la période où la politique de la Suède et de la France furent intimement mêlées*. On s'attendrait à ce que pendant ces années, où les armées des deux pays combattirent pour la même cause et parfois ensemble, la connaissance de notre langue soit devenue plus fréquente. Il y eut des rencontres, des visites officielles. Oxenstierna vint à la Cour (1635), Charles (qui fut plus tard Charles X) fit une entrée solennelle à Paris.
Gustave-Adolphe parsème de mots français le suédois et l'allemand de ses lettres et autres écrits. Voici ceux que je relève dans deux pages d'une réponse (en suédois) au roi de Danemark Christian IV ^: offerte, conjiinction (.3 f.), ^marche (4 f.), *impossibel, pra:judic(e)rlig, *religion(2(.), *y;asse/'« (infinitif), niill, *armee(Q ï.), *{/uartier, *àffuentyr (j= aventure), *partie, inqvartere (infinitif), *soldat, ^dlifersion, *ùasiant, *dessein, *pass, formera, argument.
Malgré cela il semble que, dans les relations diplomatiques tout au moins, la situation de hi langue française n'en fut guère accrue. Les Suédois n'étaient pas moins éloignés que les Danois de reconnaître des droits quelconques à notre idiome. Lorsqu'on négocia la paix de Westphalie, Axel Oxenstierna ordonna à son fils Jean de répondre en suédois, si d'Avaux et Servien s'avisaient d'écrire en français au lieu d'employer le latine
Toutefois Hogberg a mis en lumière un fait significatif, c'est la création à Upsala, en 1037, d'un lectorat français. Pour la première tois une langue vivante étrangère prenait place dans l'enseignement, et cette langue était la nôtre. Ce premier maître de langue française fut « Isaacus Cujacius, Gallus Genevensis», en français Isaac de Cuyaux, dont la famille était originaire de Pau et dOléron, mais
[■ Trailc de Bcrwalde, 1(131.
'■2. Konumj Gustaf II Adolfs Skrifter, p. 288-289.
Les mots sans astérisque ont pu être empruntés au latin par l'intermédiaire du français aussi bien que directement. A. en juger, d'ailleurs, par des formes telles que offertf., inijoarlcre, etc., l'importation a dà avoir lieu souvent par l'Allemagne.