Strindberg, o. c, pp
s'était fixée à Genève'. Il semble du reste avoir fait à Upsala un séjour très court. Mais il fut remplacé immédiatement (1638) et le Jectorat continua d'exister'. Cuyaux n'a pas publié d'ouvrage de doctrine, quoiqu'il en eût préparé au moins un. Soit dans ses cours, soit dans ses leçons particulières, il employait sans doute les manuels publiés dans d'autres pays\
Christiîne. — Sous Christine les choses allèrent d'un autre train. Dès sa jeunesse elle s'était éprise de la France, et le manifestait à sa manière, avec quelque extravagance. Elle voulait nommer l'ambassadeur de Bregy premier chancelier à la Cour, en le chargeant d'enrôler trois cents cavaliers français pour sa garde d'honneur. A vingt ans, elle parlait et écrivait couramment le français, dont elle se servait toujours volontiers pour sa correspondance, particulièrement avec des savants comme Gassendi^. Sa galerie de tableaux avait été composée par un Français, le marquis du Fresne. Son peintre officiel, la chose est vraiment significative à pareille époque, fut encore un Français, Sébastien Bourdon. Sa bibliothèque recueillit une partie des livres de Mazarin, vendus pendant la Fronde. C'est dans ce milieu que se réunit son Académie, dont le médecin Bourdelot, arrivé en 16o2, fut l'àme. De loin les Scudéry l'inspiraient et on comprend qu'ils lui aient fait place, l'un dans Alaric, l'autre dans Le grand Cynis. Scarron, Saint-Amant, Benserade, furent en relations avec elle. La France lui fournit pour ses invités des ballets, pour elle-même un maître de danse. Tout le monde se souvient de ses séjours en France, et des incidents auxquels ils donnèrent lieu, jusqu'à ce qu'il lui fallut quitter le royaume^. C'est sous son règne que Descartes fut invité à Stockholm. 11 eut avec la reine de fréquentes conférences où se discutaient des questions philosophiques ■. Son influence fut immense. Auprès de cet homme de génie les autres Français font aujourd'hui humble figure. Ils comptaient à l'époque, Saumaise (Claude), lui aussi, était grand dans son genre. Lluet, Samuel Bochard, Naudé, donnaient de notre érudition une idée singulièrement avantageuse '.
i. Voir pour les détails biographiques, Hôgt)erg, /s. Cujacius ..., pp. 199 et suiv. 2. On trouvera la liste des titulaires, Id., ib., p. 20o, n. 1.
?>. Voir le précieux appendice où Hôgberg a étudié, après la vie de son personnage, la composition de ce qui reste de sa bibliothèque.
4. Quand le sieur Chanut présenta une lettre particulière de la Reine régente, Chrislinc « luv repoTidit en François » (^Mémoires de ce qui s'est passé en Suède, janv. if>U}, p. 6).