Bouille, Mémoires, t. I, p
apprit son avènement au trône. On le reçut à l'Académie des Sciences, où D'Alembert lui adressa le discours de bienvenue. Macquer, Sage, Lavoisier firent une lecture'. Gustave III admirait Voltaire, adorait Racine. Marmontel lui envoya Les Incas. Il lisait au milieu des camps les pièces de Destouches, les romans de M""® de Lafayette, il savait par cœur La Henriade' . Comme Frédéric, il ne rêva que d'instituer le style français en Suède ^ C'est la pensée qui lui fit créer l'Académie suédoise^. Il a composé un certain nombre de pièces, dont il écrivait d'ordinaire le canevas en français^. Son œuvre écrite n'est pas entièrement en français, tant s'en faut, mais une bonne partie de sa correspondance est dans notre langue ^ On voit par ses brouillons qu'il pensait en français et que c'est sous cette forme qu'il concevait et débrouillait ses idées. Il aimait se servir du français pour la conversation. M""" de Staël, dont le mari fut ambassadeur en France, le tenait au courant des moindres nouvelles de la Cour de Versailles'. Après ses revers, battu par les Moscovites, il se consolait à la pensée de se retirer à Paris, et d'y vivre au centre de la civilisation qu'il aimait^
Le progrès autour de lui. — On pense les progrès que la culture française, ainsi secondée, put faire en Suède. Toute une troupe d'artistes français était accourue à Stockholm pour travailler à la décoration du château royal. Un peintre français, nous l'avons vu, avait été mis à la tête de l'Académie des Beaux-Arts en 1735. Lui mort (1730), Jacq.-Phil. Bouchardon, Larchevêque, Masreliez lui succédèrent'. Le rococo régnait dans les châteaux. Les modes françaises faisaient leurs victimes comme partout. Les jeunes nobles se rendaient en France pour servir au Royal-Suédois, créé en 1742. Plus de trente, en une année, reçurent des brevets d'officiers'".
i. Maurv, Histoire Acad. des Se, p. 479.