‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 361 sur 595 · M"e Geoffrin, Corr.,^. lOi · texte numérisé non relu

M"e Geoffrin, Corr.,^. lOi

LE XVIir SIÈCLE 47 1

verra désonnais dans ses rêves de jeune fille, et les rêves deviendront réalité, puisqu'elle épousera un jour ce prince, pour son heur ou pour son malheur.

Après avoir récité les prières en français, dit Françoise, elle et sa sœur passent dans la classe où « Madame » leur fait apprendre des « mots et des anecdotes, ainsi que la grammaire » ; elle leur « dicte aussi des vers de Malherbe ». Pendant que le coiffeur du château arrange les beaux cheveux des jeunes comtesses, «Madame» trouve utile de leur lire quelque ouvrage intéressant, par exemple le Magasin des enfants de M""" de Beaumont, ou bien elle les amuse de quelque conte. Bref, « Madame » s'emploie si bien que Françoise avoue sincèrement : « les livres français m'intéressent beaucoup plus que les polonais » '.

Il arrivait souvent que les gouvernantes se faisaient une belle destinée ^ De là l'inclination qu'avaient les envieuses à nous les présenter comme des aventurières.

Multiplication des manuels. — A cette époque les manuels de français se multiplient. J'ai parlé plus haut de celui de Duchenbillot.

L'ouvrage de Mauvillon, secrétaire intime du Roi de Pologne, électeur de Saxe, efface toutes les œuvres concurrentes. Il fut imprimé à Dresde en 17oi et en 1786 ^ Dès 1750 les Jésuites avaient leur méthode, en polonais^. En 1774 Moszczenski (Stanislas), gentilhomme polonais, accommodait aux besoins de la jeunesse l'œuvre de Restant et des grammairiens français modernes ".

1. Clémentine Taiîska, née Hoffmann: Mémoires de Françoise Krasinska, Varsovie, 19:29, éd. de la Bibliothèque Nationale, n° 119 (Dziennik Franciszki Krasiiiskiej).

"1. Telle cette Sophie de Maury, née Jubault, fille de Pierre Jubault, général des gardes suisses et chevalier de l'Ordre Saint-Louis, recommandée par M""^ de Genlis au général Alexandre Chodkiewiez, célèbre chimiste polonais, cousin de M"^ Hanska, par les comtes Rzewuski ; elle était venue en Pologne pour remplacer auprès de Sophie Chodkiewiez, fille du général, sa mère, qui avait abandonné son mari pour épouser le prince Golitsin.

La fille de cette dame, Charlotte-Auguste-Virginie, se lie d'une amitié très étroite avec la pupille de sa mère ; elle épousa plus tard le comie Stanislas Jezicrski, cousin du général. Un procès ruineux avec les Radziwill l'obligea du reste à prendre du service, elle aussi, chez un maréchal de la noblesse, M. Zaieski, où elle se charge de l'éducation des filles de celui-ci (Wirginja Jezicrska, Z zycia dworôw i zamkôw na kresanh, cité par S. de Korwin-Piotrowska, Balzac et le Monde slave, p. 26).

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