Lett. et Mém., t. IV, p. 3U
(1746), Le Médecin malgré lui (1733), Le Mariage forcé (1754), Le Tuteur (1733), Le Joueur (1756), Les Tuteurs (1739), Le Roi et le Meunier (1766)*. Remarquons en passant qu'on donnait pendant la même période des tragédies ", peut-être celles qu'avait traduites Konarski lui-même, mais on les jouait en polonais. Apparemment les représentations en français avaient pour objet d'habituer les élèves à l'usage de la langue courante, et non de la langue littéraire et du style noble. Ces représentations supposent néanmoins des maîtres de diction. Faisait-on appel seulement aux nombreux Français que renfermaient les ordres religieux de Pologne? Il est plus vraisemblable qu'on demandait le secours d'acteurs professionnels : un certain Du Frosy, qui faisait partie de la troupe de 1763, fut chargé d'enseigner la langue française à l'École Militaire; un nommé Duclos, professeur à l'Ecole des Cadets en 1770, était peut-être également arrivé cinq ans auparavant comme comédien ^ Tout porte même h croire que ces gens avaient eu des prédécesseurs.
Aussi bien la troupe de 1763, assez importante, car elle comprenait vingt-cinq personnes, ne se serait pas aventurée en terre étrangère sans savoir qu'elle y serait reçue ; il est vrai que son séjour ne fut ni bien long ni bien fructueux : l'année suivante, sept de ses membres avaient quitté leurs camarades^; deux mois après l'arrivée il avait fallu lutter contre un concurrent italien, Carlo Tomatis et son opéra-ballet; en mars 1767, les deux entreprises étaient liquidées, tous les comédiens congédiés, le spectacle polonais luimême supprimé — faute de répertoire et d'argent ^. Mais il se présenta presque tout de suite un entrepreneur pour relever le spectacle français, alors qu'on ne savait pas encore ce que le théâtre national allait devenir ".
Effectivement, on continua à jouer en français ; les gazettes