‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 367 sur 595 · CHAPITRE VI LE THÉÂTRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI LE THÉÂTRE

Apparition tardive des troupes françaises. — Autant qu'on en peut juger à l'heure actuelle, les comédiens français firent en Pologne plusieurs apparitions, mais irrégulières et brèves'. Une étude plus complète amènerait-elle à constater de plus longs séjours? C'est peu probable, car cette irrégularité de la vie théâtrale, dont souffrait également le théâtre polonais, devait tenir, pour une grande part, à l'anarchie chronique du pays; de plus, les efforts des troupes françaises durent être contrecarrés bien souvent par la concurrence des acteurs allemands, tandis que, dans les milieux même où l'on regardait la France comme une amie de la nation polonaise, on ne voulait pas néanmoins que son prestige artistique étouffât les germes d'un art dramatique national'.

Les premiers comédiens français durent s'établir dans les dernières années du xvii* siècle : un voyageur qui passe à Varsovie en 1688, l'abbé F. D. S. , n'en a point rencontré, bien que le roi Jean Sobieski « parle parfaitement » le français: la comédie n'est qu'une « farce de Jodelets » jouée par des comédiens italiens ^ Par contre, une troupe, dite des « Comédiens de Zell », aurait joué dans la capitale polonaise pendant le carnaval de 1699*.

Si nous ne retrouvons de trace profonde d'un théâtre français qu'en mai 1765% il paraît certain que nos comédiens jouèrent auparavant en Pologne. Au commencement du xvii* siècle, Pœllnitz signale à Varsovie la présence de comédiens français^. De 1746 à 1766, c'est au collège de la noblesse qu'on signale des représentations françaises. Les élèves jouent Le François à Londres

1. Le seul travail d'ensemble que nous ayons pu consulter est celui de Ludwik Bernacki : Teatr. Dramal...za Stanislawa-Aiigiistà. Lwôw, 1925, 2 vol. in-8", que nous avons pu mettre à profit grâce à la collaboration do M"*^ Ludomila Hubertôwna.

2. Ce théâtre eut grand peine à se créer, le Roi ne s'y intéressant pas (Briickner, 0. c, p. 242).

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