‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 380 sur 595 · LES DÉBUTS TARDIFS DE NOTRE INFLUENCE · texte numérisé non relu

LES DÉBUTS TARDIFS DE NOTRE INFLUENCE

événement important dans l'histoire de la civilisation russe. Elle aussi introduisit un peu de la culture polonaise, beaucoup plus avancée. Mais cette culture ne nous intéresse pas ; elle était toute latine '.

Un propagandiste. — C'est à De La Neuville, nommé en 1689 par le roi de Pologne envoyé extraordinaire, que la langue française dut sa première recommandation dans le monde diplomatique moscovite, s'il est permis de se servir d'une expression aussi impropre à cette époque. Un général major, nommé Menesius, écossais de nation, et qui parlait toutes les langues européennes, fut l'interprète avec le palatin (gouverneur) de Smolensk^ Plus loin, De La Neuville raconte qu'un jeune seigneur nommé Harthemonerrich l'invila ; il lui parut avoir beaucoup d'esprit, parler un bon latin, se plaire à la lecture, montrer une inclination particulière pour les étrangers. De La Neuville ne manqua pas l'occasion. « Je lui persuaday, dit-il, d'apprendre la Langue Françoise, l'assurant que, n'ayant que vingtdeux ans, il l'apprendroit aisément, et pourroit ensuite satisfaire amplement l'inclination qu'il a pour la lecture, tous les Auteurs anciens et modernes étans traduits en cette Langue » ^

Chez Sylvestre Medviédiev, sur cinq cent trente-neuf volumes, pas un n'était français ; « chez le prince Vassili Golitsin, notre littérature n'est représentée que par une traduction polonaise et la légende de la reine Maguelonne. Le grand Boïaril Artemon Matviéiev, était plus avancé : on trouve chez lui, à sa mort, en 1677, trois livres français... contre un hollandais, un italien, quatre polonais, douze allemands et quarante-deux latins » *.

Il est impossible de ne pas signaler ici qu'à la veille de l'avènement du tsar Pierre, un oukase de 1688 avait olficiellement ouvert le pays et l'armée aux victimes de la Révocation, comme « à des hôtes utiles ». Il en vint ^ mais ils se fondirent dans la masse, et ce n'est pas eux qui pouvaient déterminer en Russie un changement important dans la direction des esprits ".

1. C'est le l'ctit-Russicn Siméon, qui fut précepteur des cnfanls du tsar Alexis Mikhailovitch, parmi lesquels était le futur Pierre le Grand (voir Réau, L'Art russe, p. 306).

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