‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 397 sur 595 · Ess. litt., pp · texte numérisé non relu

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des fêtes parmi lesquelles le petit spectacle d'Annette et Lubin ne fut pas le moins brillant » '.

Le théâtre instrument de formation. — Il semble qu'on ait vu dans les comédiens bien moins des amuseurs que des instructeurs ; ce terme militaire convient seul dans un état caporalisé par l'influence prussienne. Le français, devenu langue européenne, devait être « d'ordonnance » dans cet empire qui voulait être considéré comme européen. De fort bonne heure nos comédiens furent « invités » — réquisitionnés serait peut-être plus exact — par les établissements impériaux, où ils donnèrent un véritable enseignement.

Jouer la comédie était plus qu'un amusement permis, ou même recommandé; c'était, ou cela devint « matière du programme ». En 1748, un Français inconnu faisait jouer Zaïre à l'Ecole des Cadets ; dix ans plus tard, un de ses anciens élèves, Melissino, devenu recteur de l'Université de Moscou, y fondait une école dramatique, qui fournissait, en 1760, des recrues à la troupe professionnelle de Locatelli ". Les jeunes filles de la Maison d'Education de Smolny jouèrent dans la seule année 1775 quatre opéras-comiques, une comédie espagnole et trois comédies françaises, dont Les Femmes Savantes^. Aufrêne fut à son tour chargé d'un cours de déclamation à l'École des Cadets^.

De bonne heure les représentations d'amateurs furent à la mode,

i. Ce prince est peut-être l'auteur des Épures aux François, aux Anglais et aux habitons de la République S' Marin avec des notes historiques (A Cassel, 4784). Barbier indique qu'elles furent publiées par Marmonlel, à Paris, chez Didot, 1789.

Voltaire lui envoyait des vers sur ses amours avec une « fille du tendre Orphée » : A M' le prince Belosselski :

Dans des climats glacés Ovide vit un jour

Une fille du tendre Orphée.

D'un beau feu leur ame échauffée Fit des chansons, des vers et surtout fit l'amour. Les Dieux bénirent leur tendresse :

Il en naquit un fils, orné de leurs talents Vous en êtes issu : connoissez vos parents,

Et tous vos titres de noblesse.

Deux lettres sont à la fin des Epitres. Une lettre de J.-J. Rousseau (de Paris, 27 mai 1775) et une lettre de Marmontel.

Voir Discours prononcé dans l'Académie de S' Pétersbourg le 29 décembre 1776 par M. de Domachneff, gentilhomme de la Chambre de l'Impératrice et Directeur de l'Académie. Traduit du russe en 1778. « Ce Discours ayant paru mériter d'être connu, on l'a traduit aussi fidèlement que le génie des deux Langues a pu permettre ; et l'on s'est particulièrement occupé à conserver à l'Eloquence Russe son cadre national «.

"2. Voir J. Gorbounov, Les premiers comédiens russes, t. II, p. 836-337.

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