Lother, Das Wiener BtirgUieater,, p. 14. b. Mém., p. lo
6. Le prince de Ligne devait jouer à Vienne le rôle de Horlensius. Il arriva tard et ivre : « Comme on ne connaît pas beaucoup à Vienne le spectacle français et cette
Le théâtre contribua-t-il à faire faire aux Viennois des progrès en français? Rien n'est moins certain, en dépit des apparences. Après la disgrâce de Durazzo, les comédiens français faillirent être renvoyés : un factum en français protesta contre la mesure envisagée, il est dit qu'on aurait « privé de spectacle » la bonne société*. De combien de personnes se composait cette élite? Sept ans plus tard, le prince de Rohan, qui constate que, « dans la haute société, on ne parle que français », ajoute, non sans étonnement, que « le spectacle français n'est pas trop fréquenté » ^ N'est-ce pas qu'il était resté une amusette pour aristocrates ?
C'est bien du reste la conception que la lettre-programme de Durazzo (21 décembre 17S9) semblait s'en faire : les Allemands, dit-il en substance, veulent faire de la comédie une école nationale; à ses yeux ce n'est qu'un passe-temps auquel on ne saurait attribuer sérieusement une valeur éducative. Fausse ou juste, l'idée n'était pas pour recommander l'entreprise et intéresser le grand public.
Autre cause d'impopularité ; le jouet coûtait bien cher. Favart se plaint qu'à Vienne on lésine un peu, et prétend que les autres Cours allemandes se montrent plus généreuses ^ Cependant les appointements accordés aux membres de la troupe Hébert variaient de 1200 à 3 000 florins, faisant à peu près 3 000 à 7 500 livres'; peut-être essaya-t-on, un instant, de les réduire^, mais ce fut en vain : les « vedettes » au moins se montraient chaque jour plus exigeantes; Aufresne recevait 10 000 livres et M™* Verteuil voulait davantage ; le comte de Kaunitz s'indigne de ces prétentions « déraisonnables » : 10 000 livres par an, comme le premier acteur, « c'est son dernier mot » ; encore l'engagement ne portera-t-il que 8 000 livres, le reste faisant l'objet d'une convention séparée et secrète « wegen des bôsen Beispiels » — en style administratif: pour ne pas créer un précédent fâcheux! ^
pièce de La Surprise de l'amour, on crut que c'était de mon rôle, dit-il, et l'on me fit compliment d'avoir joué si naturellement» (Mém., p. 11).
1. Réflexions sur les spectacles de la Ville de 1 Jenne (1765), cite par 0. Teuber (o. c, p. iOo) : « La langue allemande n'étant pas si commune, que la française et l'italienne, et ccUes-cy, la première surtout, étant d'un plus grande usage dans la société choisie de Vienne ce seroit la priver presque de tout spectacle si on vouloit borner cette société au seul théâtre national... on ne se persuadera pas aisément qu'on veuille supprimera Vienne la comédie française déjà adoptée dans toute l'Europe comme l'école des mœurs et de la politesse » .
"2. L'Ambassade du Prince Louis de Rohan à la Cour de ]'icnne (1771-1774). Strasbourg. 4901, p. 12, cité par J. Witzenetz, o. c, p. 70.
3. Mém. et Corresp., t. I. p. "249 ; Lelt. de Favart à Durazzo, 20 mars 1762.
i. O. Teuber, o. c, p. 72.
5. En 1768, les appointements ne sont plus que de 2 500 à 6 000 liv. de France (Id., ib., p. 141).