‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 442 sur 595 · Voir LetL, t. II, p. 187. lett. LXXIV · texte numérisé non relu

Voir LetL, t. II, p. 187. lett. LXXIV

o. C'est une représentation de L'École des Femmes qui en '17o3 inspira la première planche du graveur Chodowiccki. Il est permis de croire qu'il travaillait pour la (v société «.

6. J.-J. Olivier, 0. c. , t. II, pp. 44 et suiv. Si les acteurs français quittèrent Berlin, ils ne regagnèrent pas tous la France, et une partie d'entre eux se rendirent dans les Cours allemandes où la politique n'empêchait pas les princes de s'adonner à im de leurs plaisirs favoris (Id., ib., t. II, p. 45).

7. « ISous aurons aujourd'hui la Comédie, qui ne sera pas trop bonne, car il n'y a ici qu'un commencement de troupe » (lettre de D'Alembcrt à M""' de Lespinasse, 1" août 1763. Trois mois à la Cour de Frédéric. Lettres inédites de D'Alembert publiées el annotées par G. Maugras, dans J.-J. Olivier, 0. c, t. II, p. 49-50).

semble avoir été alors quelque peu refroidi. Aux représentations des acteurs, il préférait celles que lui donnaient ses neveux et nièces, dans l'intimité. Mais l'accroissement de la colonie française de Berlin rendit nécessaire le rétablissement d'un théâtre public : il devait vivre une quinzaine d'années encore, d'une vie souvent précaire et agitée.

Le premier entrepreneur, Andréas Berger, qui avait débuté en jouant des pantomimes, puis des opéras-comiques, ne réussit pas. La troupe d'Hamon et Raynault, qui le remplaça en 1768, ne put tenir que jusqu'en septembre et céda la place à la troupe Fierville, renvoyée à son tour en 1771 '. Tour à tour Blainville et M"* Sainte- Treuze, Chavanes, qui fit faillite en 1774, puis Neuville essayaient, mais en vain, de conduire l'entreprise, dont le roi finit par confier la direction non plus à un comédien, mais à un fonctionnaire, le baron d'Arnim. Ce nouveau régime aurait-il été plus favorable au théâtre français ? Il est impossible de le savoir, puisque, en 1778, la guerre de Succession de Bavière amenait une fois de plus le renvoi de la troupe. Et cette fois la fermeture fut définitive ; les comédiens français ne devaient plus reparaître qu'au siècle suivant sur la scène berlinoise -.

Causes de ces échecs. — Il semble bien que de sérieux efforts avaient été faits, durant cette période, et spécialement au cours des dernières années, pour relever le niveau artistique de l'entreprise : Dorival, qui fut ensuite accueilli par la Comédie-Française, faisait partie de la troupe de La Chavanes^ ; en 1774, on accueillit Aufresne, qui avait dû quitter Vienne ^ ; l'année suivante on dépensera encore sans compter pour faire venir Lekain ". Mais le passage de quelques « grandes vedettes », la présence même de bons éléments permanents ne suffisent pas à faire vivre une

1. Cette même année (1771), la troupe qui n'avait jusque-là joué qu'à la Cour, obtint, par lettres-patentes, l'autorisation de donner des représentations publiques (J.-J. Olivier, o. c, t. II, pp. o"2-39, et 1 il, n. o et 6). Ces représentations avaient lieu trois fois par semaine, le mardi, le jeudi et le samedi, et se poursuivaient toute l'année, la Comédie française ne fermant ses portes que pendant un mois, au moment de Pâques. C'est à celte époque que l'acteur berlinois Sticotti traitait en français de l'art du comédien (Voir Garrick ou les Acteurs Anglais, ouvrage que Diderot, il est vrai, juge « écrit d'un style obscur, entortillé, boursouflé »).

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