‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 450 sur 595 · Joret, YiUois., p · texte numérisé non relu

Joret, YiUois., p

Dans l'Électorat de Matence. — Von Erlhal, l'Archevêque (1774), était un ami des lettres françaises. Il se faisait lire Montesquieu et Voltaire, et Perlhes raconte qu'on trouvait chez les chanoines de Mayence le buste de Voltaire et sur leurs tables de travail les livres d'Helvélius.

Il y parut deux Gazettes françaises très importantes, l'une politique et historique, l'autre plus proprement littéraire, véritable revue critique de toutes les publications contemporaines'.

En Hesse-Cassel. — En Hesse-Cassel, où notre influence était si ancienne, aucun prince ne poussa jamais son amour des choses de France aussi loin que le Landgrave Ernest-Louis. Louis IX (1768- 1790) affectait de copier en cela aussi Frédéric IL 11 ne lisait que nos écrivains et a entretenu une longue correspondance avec Voltaire.

En Wurtemberg. — C'est sous le Principat de Charles-Eugène (1737-1793), que l'influence française atteignit son apogée. Sa mère, une Thurn et Taxis, l'avait fait élever à la française".

Il était demeuré à Bruxelles jusqu'à l'âge de huit ans, et avait complété son éducation dans le milieu de Frédéric IP. Pendant que les gymnases et couvents du duché s'attardaient encore à une éducation toute latine, oii le français n'était que facultatif, il fonda une école supérieure, la Karlsschule, où la principale matière d'enseignement littéraire fut la langue et la littérature françaises, que des maîtres français exposaient aux élèves. De même que l'Ecole des Demoiselles, dirigée par Francesca de Hohenheim était une copie de l'École de Saint-Cyr de M""* de Maintenon, la Karlsschule formait une sorte d'Académie des Nobles. Les enfants y étaient Élèves, Maîtres, Cavaliers, Chevaliers et Grands-Chevaliers. Lorsque le prince Charles autorisait les Chevaliers à manger, il leur disait : « Dînez, messieurs » *.

Casanova a vécu quelque temps dans ce milieu. « La cour de Wurtemberg, dit-il, était à cette époque la plus brillante de l'Europe"... Le duc était somptueux dans ses goûts..., mais ce qui lui

\ . 1770 et suiv.

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