‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 449 sur 595 · LE RESTE DE L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LE RESTE DE L'ALLEMAGNE

ils pas rapporter le goût qu'ils ont pris là dans leur résidence, c'està-dire dans des centaines et des centaines d'endroits d'Allemagne? Ils les communiquent aussitôt à leurs Cours et à leurs sujets, grâce à l'influence que chaque souverain, grand ou petit, a sur l'esprit de ceux qui sont sous sa dépendance'.

Certains princes ou grands seigneurs avaient même servi dans les régiments étrangers au service de la France, ainsi le Roi de Bavière, qui avait été colonel d'un régiment. C'était là une école pour la noblesse allemande, et ces officiers retournaient dans leur pays, transformés en « toqués » qui répandaient sur leur entourage les afTéteries françaises.

Il n'y a pas lieu de s'étonner que des gens animés de cet esprit aient considéré la langue de leurs sujets comme un patois de rustres, peu digne d'eux, de leur situation dans le monde et de leur culture. A dire vrai, ils connaissaient souvent moins bien ce parler méprisé que celui qui faisait leurs délices^, le seul qu'ils eussent appris par règles.

Je ne saurais faire ici un tableau complet des Cours allemandes ni suivre dans leurs oscillations les sentiments qu'on y éprouva à l'égard de notre culture. Je me bornerai à quelques exemples.

A Mannheim. — Charles-Théodore, électeur à Mannheim (1743- 1770), était un personnage français par son esprit, par ses goûts. Ses occupations favorites étaient la lecture de nos romans et celle de nos comédies, qu'il pouvait applaudir au Kaufhaus. Il écrivait aussi volontiers, toujours en notre langue, dont il aimait l'élégance et la clarté ^.

L'Académie elle-même tempérait son latin, car Villoison pouvait écrire à Weimar : « M. Hemmer m'a donné un discours françois, lu à une séance de l'Académie de Manheim et composé par un Allemand, M. l'abbé HœfFelin, qui me paroît écrire en françois aussi bien que la plupart des membres de notre Académie françoise » ^

Dans le Duché de Deux-Ponts. — Le duché de Deux-Ponts était gouverné par un prince de la maison Palatine, le duc Charles. II avait eu pour précepteur un Français, l'abbé Salabert.

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