‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 452 sur 595 · A. Gaumont, Gœlhe, p. 14, cf. Joret, Viltoison · texte numérisé non relu

A. Gaumont, Gœlhe, p. 14, cf. Joret, Viltoison

Gharles-Auo-uste, son fils, avait bien entendu fait à Paris et à Versailles le séjour de rigueur, fréquentant académies, salons el ateliers'. Il V enverra plus tard son fils. Il était nourri de nos auteurs au point de ne pouvoir goûter la Jeanne d'Arc de Schiller à cause de La Pucelle de Voltaire. Jusqu'à la fin de sa vie il exigea qu'on jouât sur son théâtre des pièces de Racine et de Voltaire. Les principaux personnages de sa Cour étaient pénétrés de culture française. Krauss, son peintre décorateur, venait de Paris. Un Français, Destouches, dirigeait ses concerts. Son ancien précepteur, von Knebel, avait servi longtemps dans la garde de Frédéric II, à Potsdam. C'était de plus un écrivain du groupe anacréontique allemand, lequel se rattachait à nos poètes légers. Nous avons mentionné Wieland, le représentant par excellence de l'esprit français en Allemagne. A côté de lui Musœus, son disciple, imitait Charles Perrault et nos conteurs. De Paris, Villoison, jouant les Grimm, tenait la Cour au courant".

Dans l'Électorat de Saxe. — Les Saxons, remarque le baron de Pœllnitz, affectent plus que tous les autres Allemands d'imiter les Français, avec lesquels ils sympathisent beaucoup. La Cour, tour à tour électorale et royale de Dresde, poussait très loin cette imitation. Au reste les Français y étaient rares — comme les Saxons — les grandes charges y étant occupées par des Prussiens, des Danois, des Italiens ; mais la langue de France, sa politesse et sa littérature y régnaient, et, pourvu qu'on fût assez français, on y était assez allemand ^

d. Voir sur son voyage, Joret, Villois.. ch. m, pp. 54 et suiv.

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