H. Liebrecht, Hist. du th. fr. à Bruxelles, p
6. Id., ib., p. 89, et K. Trautmann, Frnnzôsische Schauspieler am Bayrischen Hofe (^Jahrbach fiir Miinchener Geschichle, p. 233).
L'interruption du spectacle fut probablement assez courte, puisque, dès 1706, on signale à Munich la représentation du Franc- Bourgeois, comédie en cinq actes, en vers, dont l'auteur était belge, il est vrai^ Mais, en 1711, c'est bien une troupe française que l'Électeur prend à son service, et une troupe importante sans doute, si l'on en juge parles frais de charroi considérables payés pour le transport de ses bagages entre Arras et Namur, Sont-ce les mêmes comédiens que l'on retrouve à Munich de 1715 à 1722?^ Nous ne saurions le dire ; du moins peut-on afïirmer que la Bavière possédait alors un spectacle français presque permanent. Les représentations devaient être fréquentes : on en donna vingt-sept en deux mois, du 15 janvier au 19 mars 1719 ^
Les largesses du Prince témoignent aussi de la faveur qu'il accordait à nos acteurs : en 1720, au moment de leur départ, Lesage et Beaupré reçoivent, à litre de gratification ou d'indemnité de voyage, le premier 150 florins, le second un an d'appointements^, c'est-à-dire une somme équivalente ou même légèrement supérieure'. Lorsqu'on voulut engager l'acteur Duclos, les dettes qui le retenaient en Hollande furent payées sur la cassette de l'Électeur ^
La mort de Max-Emmanuel (26 février 1726) n'interrompit cette brillante fortune que pour la durée du deuil officiel. Charles-Albert était encore plus entiché que son père du théâtre français. Au cours d'un vovage en Italie, en 1714, il s'était vu contraint de subir une « stricte et interminable quarantaine » et, pour tromper l'ennui de cette captivité sanitaire, il avait joué dans sa chambre, avec « les cavaliers de sa suite », des scènes du Cid, de Cinna, de Rodogune, du Misanthrope' . Pendant son séjour à Paris, du 2 septembre au 22 octobre 1725, il avait assisté à des représentations d'Iphigénie, de Tartuffe, de L'Eté des coquettes ; il n'avait même pas dédaigné les spectacles delà Foire Saint-Laurent ^ Dès son avènement il appela une troupe française qui restera jusqu'à l'invasion de la Bavière en 1743 ; il travaillait à la reconstituer en 1745, lorsque la mort le sur-
\. Faber, o. c, t. II, p. 57.