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prit. Le théâtre français paraît avoir disparu avec lui, bien que Chevrier, informateur peu sûr, il est vrai, mentionne encore en 1762 la Cour de Munich parmi celles qui accueillent régulièrement nos comédiens '.
Ainsi les spectacles de langue française avaient persisté pendant trois quarts de siècle au moins, ce qui est déjà considérable. Mais deux faits méritent particulièrement d'être signalés. C'est d'abord qu'ils firent naître dans l'aristocratie le goût des représentations d'amateurs : en juin 1739, des membres de la famille régnante et des gentilshommes de la Cour jouaient à Môlk, devant l'Impératricemère Wilhelmine-xVmélie, Athalie et Le Mari retroin>é ; en octobre 17ii, l'Électeur était à peine rentré dans sa capitale, que les princes et princesses donnaient devant lui un opéra d' Agrippa -. D'autre part il convient de remarquer la qualité du répertoire : Corneille, Racine et Molière, Regnard, Dancourt et Destouches sont largement représentés ; on ne s'étonne pas de voir à côté de leurs noms ceux de Thomas Corneille, de Crébillon père et de Campistron, alors applaudis en France ; la présence de Pradon et de Leclerc surprend davantage, de même que certaines préférences et certaines exclusions ^ Mais ces faits intéressent l'histoire du goût plus que celle de la langue ; il reste que le français était représenté, dans ces spectacles, par des œuvres d'une réelle tenue littéraire, et d'une valeur véritable bien souvent.
A Rayreuth, la vie théâtrale fut active, de 1747 à 1762. La Margrave Wilhelmine aimait si passionément la comédie que, pendant un voyage en France, en 17.ji, elle assista aux représentations dans les grandes villes qu'elle traversait, à Strasbourg, à Marseille. A Lyon, elle alla au spectacle trois soirs de suite ^. Ron nombre d'acteurs restèrent à Rayreuth dix et douze ans, ce qui donne à croire que le succès fut constant et l'influence profonde ^
A Anspach. — La Clairon demeura longtemps à Anspach, où elle était en relations intimes avec Charles-Frédéric Alexandre, Margrave
t. Observateur des Spectacles, 1" janvier i7t)2, t. I, p. '147.