‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 459 sur 595 · J.-J. Olivier, o. c, t. I, pp. 34 et · texte numérisé non relu

J.-J. Olivier, o. c, t. I, pp. 34 et

6. Id., ib., t. I, pp. 41 et 101, n. 97, oià sont citées deux lettres datées des Délices, 30 août et 20 septembre 1762, relatives au « truc « du bûcher.

7. Voir Mémoire d'Aug. Guil. Iffland, trad" fr., Paris, Ponthieu, 1823, 8°, p. 80. Un grand opéra allemand fut joué pour la première fois en 1775.

fameux Noverre devint maître de ballets à Stuttgart le 1" mars 1760; « Vestris junior de Paris » fut engagé comme danseur sérieux, le 25 avril 1761 ; Jean Dauberval, comme premier danseur, le 1" novembre 1762. Même après le licenciement de la Comédie on retrouve encore des Français musiciens ou danseurs : le musicien Malter est engagé le 10 juillet 1769, la direction de l'Ecole ducale de danse est confiée le i juin 1776 au maître de ballets Saunier « de Paris » \

A Cassel. — Les spectacles français durèrent vingt ans, de 1765 à 1785. Les dernières années furent peut-être assez dilTiciles : on constate alors que, parmi les acteurs dernier venus, plusieurs sont congédiés, ou même refusés lors de leurs débuts ; mais certains membres de la première troupe seront vraiment « adoptés » : Plante père et Armand jouent à Cassel pendant dix-neuf ans ; d'autres, comme M™* Evrard, Ricarville, Plante fils, Marville, Beaupré, séjourneront dix à quinze ans de suite. L'effectif de ces troupes appelle toutefois une remarque : de quinze, chiffre déjà considérable, le nombre des pensionnaires monte d'abord progressivement à dix-neuf, en 1771 ; à ce moment une première crise réduit la troupe à quatorze acteurs en 1772, à dix en 1774 ; ensuite le chiffre se relève un peu : il est à nouveau de quinze en 1781 et 1783, puis retombe à neuf pendant les deux dernières années '^.

Il serait bien intéressant de connaître les raisons de ces variations : querelles de coulisses ? diminution des ressources ? ou lassitude? Dans cette dernière hypothèse, on pourrait se demander si le moment le plus brillant de l'influence française ne devrait pas être placé vers 1770 et si le déclin ne serait pas venu tout de suite après. C'est à peu près le moment où Berlin et Vienne commencent à se désaffectionner, où d'autre part les troupes allemandes redoublent d'efforts ; il y a peut-être là plus qu'une coïncidence.

En Saxe. — Dès 1699, une troupe française accompagnait l'Electeur à Leipzig, durant la foire d'automne (iMichaelis messe) ; elle jouait encore à Dresde au Carnaval suivant, puis était remplacée à

1. Josef Sittard, Zar Gesch. der Musik u. des Thealers am Wiirtenbergisclicn Hofe. t. II, pp. 58 et suiv., 198 et suiv.

■2. J.-J. Olivier, o. c, t. IV, pp. 5-17 — A Bayreuth reffcctif se maintient plus constamment, à quinze personnes à peu prèc; sauf de 1760 à HG^i, où il se réduit à quatorze puis à treize.

orands frais par la troupe Deseschalîers ' qui resta en Saxe jusqu'en 1705. Kn novembre 1708, l'Electeur, qui parcourait incognito les Pays-Bas sous le nom de comte de Torgau, engage lui-même la troupe de Villedieu, qui jouait au camp près de Lille, et qu'on apprécia fort à Leipzig dès le début de 1709 (Neujahr messe), à Dresde au Carnaval suivant".

En 1719, le budget de la troupe française était de 10 866 thalers pour vingt et un acteurs et actrices, tandis que la Comédie Italienne ne recevait que o333 thalers pour seize personnes; son répertoire était certainement d'une qualité littéraire très supérieure à celle des troupes françaises ambulantes à la même époque ^ Jean Poisson, le fils de Raymond Poisson, s'y faisait apprécier non seulement comme acteur, mais comme organisateur de réjouissances et même comme poète de circonstance. Il prit une part active aux fêtes qui célébrèrent en septembre 1719 le mariage du prince héritier avec l'archiduchesse Maria-Josepha ; les livrets des divertissements qu'il composa étaient imprimés en français*.

La tliéâlromanie se déclara dès lors à Dresde, et c'est peut-être un des premiers cas observés : au mardi-gras de 1726, des amateurs de la Cour électorale jouent Démocrite ; le 24 février 1727, Le Grondeur ; en novembre de la même année Les Fâcheux ^. Ce goût persista même lorsque le nouveau souverain, Frédéric-Auguste II, eut témoigné dès son avènement son hostilité à l'influence française. Le 30 mars 1733, son « Directeur des plaisirs », qu'il jugeait trop francophile, avait été remplacé. Le 3 juin suivant, les comédiens étaient remerciés''. Néanmoins, le 23 juin 17S1, ses courtisans n'étaient point guéris et s'amusaient encore à jouer le Dcmétrius de Métastase, tradiiUen français par la « Kurprinzessen », Maria-Anto-

■1. Furstcnau, Zur Geschichte der Musik und des Thealers am Hofe dcr Kurfurslers von Sachsen. Dresde, i8(rl-t8G'2, 2 vol. in-8", t. II, pp. 23 et 29. Celle troupe aurait compris 13 acteurs, 18 actrices, 8 danseurs, 7 danseuses, 3 musiciens, II gagistes (macliiiicrie, garde-robe, etc..) et 32 domestiques ; en tout 93 personnes, directeur compris. Son transport de Paris à Varsovie, par Strasbourg, Ulni, Vienne et Gracovie, aurait coûté 52305 livres ! Il est vrai que l'Italien Gonstantini. qui avait été cbargé de la recruter et de l'amener, aurait été convaincu de malversations, disgracié et emprisonné.

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