CHAPITRE IX VUES GÉNÉRALES SUR LE THÉÂTRE FRANÇAIS EN ALLEMAGNE
Son influence. — A tout ce que j'ai dit du théâtre français en Allemagne il me paraît nécessaire d'ajouter quelques considérations d'ensemble sur les succès qu'il y eut et les revers qu'il y éprouva. Les revers sont à mes yeux moins surprenants que les succès, qu'on ne peut parfois attribuer qu'à la mode, quand on réfléchit à la valeur réelle des comédiens d'exportation que nous envoyions alors au dehors. Peut-être ce personnel valait-il mieux que ce que l'Allemagne possédait à elle, mais pas beaucoup. Le répertoire était excellent, en général ; les interprètes laissaient singulièrement à désirer.
Les Cours, plus d'une fois, ne recueillirent que les épaves de naufrages directoriaux, depuis Grimberghs, qui joue à Darmstadt après sa déconfiture de Bruxelles en 1717, jusqu'à Desroziers qu'on retrouve à Aix-la-Chapelle en 1782, après sa faillite d'Amiens', en passant par des aventuriers qui, à plusieurs reprises, escroquèrent les Hambourgeois. Malchanceux ou malhonnêtes, il est peu probable que ces chefs de troupes, dépourvus de crédit et parfois de scrupules, aient jamais réuni autour d'eux des éléments de choix.
Certains acteurs s'étaient improvisés, qui paraissent ou n'avoir jamais joué en France, ou n'y avoir joué que plus tard et n'y être restés que fort peu de temps ^. Certains même étaient nés sans doute à l'étranger,
Duchemin, qui joue à Hanovre et à Munich en 1736, est une exception. Celui-là n'avait probablement pas quitté Paris pour des raisons d'ordre professionnel, mais seulement à cause du ridicule