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fera écheniller par Rienier, Dichlung uncl Wah?-heit. En réalité c'est toute son œuvre qui est émaillée de mots français. Sachs a relevé des termes plus ou moins répandus : einen Adieu, ein Allemand, Assemblée, Avantage, Attention, Bagage, Baronesse, Bassin, Billet, Bordure, Bouquet, Canapée (sic), Charte, Chaise, das Conseil, Continent, Coterie, consolirt, Epiderm, Equipage, Exposé, Goûté, Impromptu, kompromittiren auf, Manœui>res, Métier, morti/îziren. Paquet, Parent, Piknick, Portefeuille, Pik, Plaine, Badotage, Baisonnemcnt, Bedoute, rencheriren, Becidive, renunzir^en, repoussiren, schikanôs, sentiren, Session, Souper, turlupiniren.
Et il y en a d'autres qui ne sont aucunement germanisés : aperçu, bouteille, boutique, cadenas, déraisonnement, diné, dragée, égalité, fleurette, guéridon, hospitalité, luxe de croyance, libertin, nuance, papillon, séance, sentiment, servage , tableau , tête à tête, toupet, tour d'adresse, tour de passe-passe\
Henri de Kleist (1777-1811) est moins connu en France que son immortel contemporain. 11 avait, lui aussi, été élevé à la française ; il avait séjourné au milieu de l'aristocratie prussienne, alors si francisée, il avait de plus habité la France à trois reprises, et traduit Molière. Il offre un exemple remarquable de ces gens de lettres chez lesquels, en même temps que l'amour inné de la langue allemande, vivait un culte de la langue française devenue langue universelle, culte qu'on ne peut guère comparer qu'au respect que les érudits du xvi* siècle portaient au latin. Lui aussi francisait, comme l'a montré Weissenfels ^.
Rôles spéciaux des mots français. — Avant de passer au tableau sommaire des gallicismes qui s'introduisent alors en allemand, il me paraît indispensable encore de présenter quelques observations critiques. On rencontre d'abord dans les textes des mots et des expressions françaises qui sont là pour produire un effet spécial, sans que l'auteur ait eu aucune intention de les incorporer à sa langue.
1" Le mot français doit produire une impression burlesque. — De là les mots français qui émaillent les opérettes de Félix Christian Weise et de son école ou les chansons des imitateurs de Moncrif. Bùrger, dans ses premières chansons, est un bon représentant du type. Dans Europa (1770) on lit (en parlant de Jupiter) : Drum,
1. Cf. l'arlicle de Sachs, Zlschflj. fr. Spr., XXIII, p. Vd-'t't. On comparera une liste trcs minulicusement dressée par Loiseau, L'Eoo/(j<. mor. de Gœthe, p., igii, pp. 206 et suiv., où ont été énuméréslcs emprunts faits par Gœthe dans ses œuvres de jeunesse.
Che?' Enfant, drum bleibe dem bôsen Stier vom Leibe (v. 173); Comme ça, mit ihr charmierte (v. 232) ; Ma foi! das ahnte mir ! (v. 262) in solchen Scliosen scheue (v. 309), etc.
Dans Der Rauhgraf (1773) : Raubmarquis (v. 137) ; Ein Sansfaçon (v. lit); dans Frau Schnips (1777): Bonsdies ! Frau Gurgelschneiderin (v. 63) ; Madam ! sie liirmt euch allezuviel Çiù., V. 13o); dans Graf Walter (1789): Ihr Bett nicht von Drapd'ov (v. 124).
Lessing, dans la Matrone d'Êphèse, n'a pas hésité, quoique le sujet soit pris à l'antiquité, à introduire pour l'efiTet comique des Madam, et des biskuit.
2" Le français est une note de couleur locale, soit que l'action se passe en France, soit que les personnages soient français. — - On rencontre ainsi quelques mots français dans la Jungfrau i^on Orléans de Schiller ou dans Marie Stiiart. Le Riccaut de la jNIartinière de Lessing débitera de longues tirades en français, elles font partie de son caractère.
11 convient d'insister un peu sur ce point. Sans doute, dans les Brigands de Schiller, c'est un peu tout le monde qui se sert des formules françaises banales telles que: à propos, commodes pour entrer en matière, ou des jurons tels que : mort de ma {>ie, ou des ritournelles comme : c'est l'amour quia fait ça. Mais, quand on y regarde de près, on s'aperçoit que l'auteur des Brigands se sert aussi du français pour distinguer les classes sociales. Les mots français ne sont pas les mêmes, si ce sont des brigands ou des personnages de la classe inférieure qui parlent ou si ce sont des personnages de la Cour. Les Brigands profèrent beaucoup de mots français ; au contraire il n'y en a presque pas dans les dialogues sentimentaux de Cari Moor et d'Amélie. De même l'entourage de Fiesque se sert volontiers du français et croit prouver par là ses manières aristocratiques.
On trouvera des nuances très finement observées surtout dans Kabale und Liebe de Schiller. Dans la famille du musicien Miller, on entend dire : Musje, Madam, Mâtress, Bldsier, par Terre, barrdu, Kidebarri (cul de Barry), Bouteille, Courage, disguschthûren, plûschenen ; le Président, diplomate fourbe, mais non ridicule, dira : Attachement, Flatterien, Distinction, Assemblée, Brillant^ Billetdoux, Bonmot.
Le maréchal de la Cour, représenté comme un grotesque, se fait une gloire de semer ses phrases de jurons et d'exclamations françaises : Mon Dieu ! mort de ma viel en passant. Il dira : ein Malheur, Malice^ Amouren, Importance, Karriere, Mariage, Disgrâce, pous-
siren, poussiert, etc. A côté de cela, pas un mot de français ne tache les scènes tendres ou pathétiques qui ont lieu entre Ferdinand et Louis Miller.
3" Chez Herder le mot français sert parfois <à expliquer et à préciser une expression allemande, comme le latin servait chez Montaigne à appuyer un mot français. Herder dira : dièse Besonneitheit (Refle^iori) (^Sammtl. Wer-hc, t. V, p. 34, Urspr. d. Sprache); Vernunft-fdhigkeit (yé^e.'ûon en puissance) (t. V, p. 32, Ib.), etc.