‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 68 sur 595 · Galeani Napione, o. c, t. II, p · texte numérisé non relu

Galeani Napione, o. c, t. II, p

4. Il était né à Asti, en 1749, d'une famille noble. Sa mère était d'origine savovarde. Il apprit d'abord le piémontais, indispensable pour les rapports avec les serviteurs, mais aussi le français, couramment emplové dans la bonne société.

5. Il avait lu des romans français, puis les Mille et une Nuits, l'Histoire ecclésiastique de Fleury, en attendant qu'il fit ses délices de Rousseau, d'Helvétius, de Montaigne.

6. « Mes deux tragédies (Philippe et Polinice) ... se trouvaient conçues et nées en prose française, et il v avait beaucoup à faire avant de les changer en poésie italienne. Je les avais ébauchées dans cette langue mesquine et désagréable, non que je la susse, ni même que je prétendisse la savoir, mais parce que, dans mes cinq années de voyage, je n'en avais parlé ni entendu parler aucune autre... » (Victor Alfieri, Mémoires, p. 163).

7. Lett. de Suisse et d'Italie de M..., avocat au Parlement, à M""... à Paris. Amsterdam, 1780.

Histoire de la langue française. Mil. 7

En 1739, l'Académie des Sciences de Turin commença à publier des iMémoires. On y distingue deux parties : l'une, qui contient l'histoire intérieure de la docte compagnie, est en latin dans le premier volume, en français dans les suivants ; l'autre est formée de dissertations que le règlement, du moins jusqu'en 1783, impose de rédiger, non pas en italien, mais en latin ou en français. En fait, cette dernière langue est presque toujours choisie par les auteurs.

Le français était même répandu dans le peuple, beaucoup de gens du pays étant allés travailler en France'.

Bref, l'italien était une sorte de rareté dans celle partie de la Péninsule", On avait si peu l'habitude de l'entendre à Turin, que l'architecte Benedetto Alfieri, qui l'employait quotidiennement, sembla ridicule à ses compatriotes, quand il rentra en Piémont après un long séjour à Rome. Une trentaine d'années plus tard, vers 1759, le même personnage choquait vivement son jeune parent, Vittorio, pour la même raison ^

Notre théâtre, il va sans dire, fut fort en faveur à Turin. Dès 1733, d'Argens y signale la présence fréquente de comédiens français*. Un opuscule, publié à Paris en 1741, racontait les aventures d'une troupe qui aurait été enlevée par les pirates barbaresques en quittant Gênes. Si le fait est exact, la troupe en question venait fort probablement de Piémont ^ La troupe Delisle y joue certainement pendant l'hiver 1735-1736; la troupe Salneuve deux ans plus tard (Toldo, Molière en Italie, p. 170) ; la troupe de Prin en 1762, et c'est une troupe importante : dix-huit acteurs et huit danseurs". En 1763, une autre troupe joua tout l'été des tragédies et des comédies de notre répertoire^; la troupe de Patte et Neveu visita également Chambéry et Turin avant ^776^

4. Un émigré nous a donné une note curieuse sur la petite ville de Varse (Varzo?) : « Presque tous les habitants, dit-il, parlent français. La plupart des hommes sont allés en France exercer les métiers de fumiste, de stuccateur, etc. » (De Laporte, So«y. d'un émigré, p. 418).

2. Les Piémontais sont peu prévenants, honnêtes cependant quand on fait quelques avances ; la plupart parlent français comme leur propre langue (à Turin). Mémoires et voyages de Monseigneur le duc d'Enghicn, p. 240.

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