AVERTISSEMENT XI
Monzie à l'accompagner dans la capitale allemande, j'ai eu l'occasion, au Ministère même de l'instruclion publique de Prusse, en présence de M. le Ministre Becker et des représentants les plus qualifiés de la science et des arts, de dire en toute sincérité du cœur, que, suivant moi, toute tentative de rapprochement entre deux nations divisées par une lutte récente devait commencer par les hommes dont la vie se dépense à la recherche désintéressée de la vérité, et que si, sur ce terrain illimité, mais pourtant bien défini, de la culture et du progrès des connaissances, deux des peuples les plus civilisés de la terre ne pouvaient s'entendre pour mettre en commun leur effort et leur génie, il n'y aurait plus qu'à désespérer de l'humanité !
Si imparfait que soit le présent volume, je n'aurais pu le composer sans le concours de collègues et d'amis, parmi lesquels Fernand Baldensperger, le maître des études de Littérature Comparée, qui, au courant de la vie et de la civilisation des divers peuples de l'Europe, se sont mis à ma disposition pour suppléer aux lacunes de ma propre information, me communiquer des notes, revoir et corriger mon exposé, quelquefois même tenir la plume à ma place. L'un d'entre eux doit être nommé tout de suite, car il a collaboré à presque tous les livres, c'est M. Max Fuchs, dont mes lecteurs ont déjà pu apprécier le mérite. Il m'a généreusement ouvert les riches dossiers qu'il a amassés sur le théâtre français à l'étranger. On trouvera le nom des autres en tête des divers livres qui suivent. J'ai tenu dès l'abord à leur dire à tous ma reconnaissance. Je mesure tout ce que je dois à l'affection qu'ils me portent et à l'intérêt qu'ils manifestent pour cette Histoire d'une langue que la plupart aiment parce qu'elle est la leur, mais à laquelle d'autres, nés à l'étranger, sont attachés par prédilection.