‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 99 sur 595 · Rott, Hist., t. II, p · texte numérisé non relu

Rott, Hist., t. II, p

doute lés jeunes gens catholiques \ mais en 1626, à la veille de la prise de La Rochelle, Louis XIll repoussa, « pour la conséquence », la requête que lui adressaient les « escolliers » de Schaffhouse, boursiers et pensionnaires de sa couronne, d'être admis désormais à achever leurs études à l'Université de Genève plutôt qu'à celle de Paris-. Et, quand survint la Révocation, si les bourses accordées aux protestants furent supprimées, celles des catholiques furent maintenues ^.

Divers textes expliquent qu'un des buts essentiels était de permettre aux jeunes gens choisis de se familiariser avec la langue française. Voir en particulier la lettre de nomination d'un écolier de Schaffhouse, datée du 15 mars 1609: ... Qu'il soit délibère d'y envoyer... son dict filz en France à Bourges, Orléans ou en quelque autre lieu opportun pour continuer la ses esludes et apprendre la langue française^. Comparez: « Le motif de cette pension a sans doute été de familiariser de bonne heure avec la langue et les usages de notre nation les enfants de Suisse que leurs parents destinoient au service de France » ^.

Position de la question. — Aucune portion de la Suisse ne parlait originairement le français proprement dit. Le latin, qui avait été porté dans ce pays, s'y était développé, comme partout ailleurs, en parlers romans, qui n'ont pas disparu entièrement et dont les restes font aujourd'hui l'objet d'une vaste enquête menée par une admirable école de philologues. D'autre part, une portion considérable de territoires appartient presque en entier au domaine germanique ".

Dans ces conditions l'histoire du français en Suisse, si on entreprend jamais d'en faire une étude complète, devrait comprendre deux parties distinctes : A. la lutte avec les parlers locaux; B. la lutte avec les parlers alémaniques.

i. Roit, Hist., t. II, p. 601.

^2. Id., ib., t. IV, p. 165.

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