‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 125 sur 248 · Voir Thurot, o. c. Il · texte numérisé non relu

Voir Thurot, o. c. Il

3. Les dames de Paris disent, suivant lui : « Nous avon disne en ung iardin, et y avon menge des prune blanche et noire, des amende doulce et amere, des figue molle, des pome, des poyre, et des gruselle {Champfleury, 57 r*).

4. Voir la bibliographie dans \e Jahresbericht de Vollmoeller, VI^ I, 242-43.

b. Voir t. I, p. 412. A ce que j*cn ai dit là, ajouter qu'il y a déjà des exemples dans Guil. de D61e : />ourjo(5 ; avotrs (593) ; large: voiage (1866); vert: vallet (507), etc. Cf. Introd. de l'édition Servois, p. xli.

Il iaui faire des distinctions suivant les différentes catégories de mots.

Après f , r est restée : le fer^ l'hiver. Après e, r est tombée dans les infinitifs en er; Robert Ëstienne le constate, H. Estienne trouve cet usage bas, il n*en a pas moins prévalu lentement. De même, r disparait dans les substantifs en er, ier {conseiller^ mestiery papier) y mais pas encore dans les adjectifs (/^jT^r). Cf. Thur.,o.c., ll,148ets.

Les habitudes des versificateurs ne changèrent point pour cela, et les rimes ici ne peuvent pas être consultées. Elles sont souvent ou traditionnelles, ou dialectales, et à les en croire, r se serait prononcée partout. Ex. :

Juppiter: visiter (Mar., III, 255); Luther: interpréter {Id.^ I, 59); Juppiter : despiter (I, 10, III, 165) ; aller : air (Id., III, 159) ; cercUr : cler (Id., III, 139); fier : se fier (Id., I, 236); chair : toucher (Id., I, 131); amer: aymer (Id., 1, 84; Marg. de la Marg.y IV, 128); mer : estimer (Mar. y III, 10); mer: chommer (Id., III, 244) ; cher : cacher (Id., I, 210) ; enfer: descoifer (Id., I, 283), etc., etc...

Cependant on observe des confusions de participes et d'infinitifs qui ne s'expliquent que par la chute de r : Laquelle chose si oneust observer (G. Far., dans Herm., C, I, 247, an. 1524); cf. veult demeuré à son oppinion (Touss. à Farel, ib., I, 387, an. 1525).

Après i, r tombe dans les infinitifs en îr, et Tabourot accepte cette prononciation ^ Il tombe aussi dans les noms comme plaisir, désir, où Estienne constate cette habitude que Maupas acceptera encore (Thur., o. c, II, 161).

Après eu, r tombe dans les noms d'agents et les adjectifs: resveu, quereleu (Thur., o. c, II, 165); Je n'ai d'exemples que devant s : jamais ingénieux ne furent plus empressez à l'assaut (Paliss., 90, Cap). Queprocureux etadvocas{R. de Coll., Sat.p. leshab. d'Aux,, Œuv., 14); laboureux {Parce de Polie Bob., 185, Pic, Sot., I, 250)2. D'où le rébus cité par Tabourot, Big., 20 r« : des chats qui scient un plot de bois : aux chassieux.

Pour r après ou les témoignages manquent. Les rimes que j'ai

1. On trouve dans une chanson : Est-ce pour le salaire qu'il vous a bien servir {Ch. hitt.j'Pic.^ fl. h. l.^ I, 301). M. Picot, en commentant cette confusion, dit qu*eUe semble indiquer que Tauteur était Flamand, et il renvoie au Mistère de S. Adrien^ imprimé par lui pour Roxburghe Club. Je la crois plus généralement répandue.

2. £ur reste dans les abstraits comme blancheury dont Tanalogie a dû plus que toute autre cause le ramener ailleurs; on trouve cependant humeurs : creus (Jod., II, 117 et 362, M.-L.).

sont comme les précédentes, r y est suivie de s : vous : toasjours {Farce des S j. fem,, 219-220, Pic. et Nyr.). Cf. tousjours : coups {ib., V. 243-244)1.

Après 0, r tombe : accort : sot (Bell., II, 486, M.-L.).

De là la confusion de suppost et de support : Les destinées du trop ferme propos M^ont tost osté mon plus ferme suppost [Poésies attr. à CL Marot, 1731, V, 355. G. Sup*. Cf. ib, d'autres exemples) ^

Après of, r tombe dans les substantifs en oir, Peletier écrit terroe (terroir) 3, et cela se conservera dans quelques-uns jusqu'au temps d'Oudin (Thur., o. c, II, 149). De là le rébus du Bourguignon faisant peindre en son enseigne des poulots (poulets) noirs : Aux Poulonois (Tabour., Big.^ 20 i^). Cf. une autre facétie du même, d'un écolier qui s'est obligé de vingt livres tout noirs = vingt livres tournois [ib.^ 39 r®).

Des retours ultérieurs ont fait reparaître r dans plusieurs cas, mais toutes les conséquences de Tamuissement commencé n'ont pas été effacées, ainsi que nous le verrons dans la Morphologie.

Consonnes MÉDiALEs. — s médial. Devant consonne, 5 était tombée depuis longtemps, que la consonne fût une sonore ou une sourde.

Mais il existait un grand nombre de mots savants, italiens, espagnols, ou méridionaux, où s était prononcée : poste, escourre, mascaron, pasquin, bastion, plastron, jasmin, cabestan^ mousquet, gaspiller, Gascogne, mesquin.

L'influence de ces mots nouveaux était grande. Les gens du Midi faisaient entendre s dans le» mots populaires, la graphie l'y conservait pour marquer la longueur de la voyelle. Aussi, quelque étrangère que fût cette prononciation au peuple (il y a là-dessus un texte curieux de H. Estienne, Hyp., 88), les restitutions commencent, il y a des gens qui disent chascun, escueil, apprester, et même honneste (Thur., II, 326-329).

Toutefois la tendance à supprimer s était encore assez forte pour entraîner l'amuissement de s dans un assez grand nombre de mots ou savants ou italiens qui l'avaient : translation, satisfaire^ bosquet, escarmoucher, escorne (Thiu»., o. c, II, 320-326).

Thurot (II, 324) semble croire que Tabouret est seul à admettre

1. Cf. à l'atone boussoufflé d'orgueil (J. d'Aut., Chron. de L. XII, IV, 90).

3. Pour aVy je n*ai guère trouvé que des exemples où a(r)8 rime avec soldats. Or il faut sans doute lire soldarts. Ainsi : soldats : parts {Ch. de 1587. Ch. hist. Ler. de L., Il, 430) ; estandars : soldats {Ch. 1590, ib., II, 515) ; rempars soldats (Rons., V, J5, M.-L.); comparez cependant pars: les pas (Rons., III, 433, M.-L.); bas: couarts (Ch. hist., Ler. de L., 11,430).

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