PLURIEL DES MOTS EN L
1® L se vocalise.
MOTS EN AL- — Il est certain que le sentiment de la formation
1. Je relève, à propos de Jbon, la syncope bon* nuit^ pour bonne nuil^ rapportée par Gauchie 1576^ p. 63.
î. Si la consonne finale est 5, il ne s'aj^it plus en réalité d'orthographe : gros > grosse^ gris > grise.
es pluriels en aux n'est pas éteint, tant s*en faut ; aucune menace de changement n'atteint les vieux mots tels que cheual, cheuaux, mal^ maulx,
Palsgrave, Meigret, R. Estienne, Ramus, ainsi que Ta rapporté Thurot, ne font aucune exception.
Je citerai même des formes semblables qu*on est peu habitué à rencontrer : fataux (Lem. de B., ///., 1. I, 34, g2 v®; Baïf, I, 33; Brantôme, Grands cap,, V, 128; d'Aub., Faen., 1. III, ch. 7, t. II, p. 499); paux (Paliss., 2S); carneuaux (Rivaud., 38); sandauU (Lespl., Prompt,, 86).
Toutefois on voit apparaître des pluriels en als. Des grammairiens les enregistrent. Pillot : canal, canals (10 r°); Gauchie (1570, 78) : Quaedam in â/regulam sequuntur, ut Canal, Canals (en 1576, il ajoute : realz et imperialz, noms de monnaies, p. 100). Lanoue. témoin plus sûr, note des bals, bocals, cals, canals, madrigah, vassals (art. als).
Et en fait, si la masse des exemples suit l'ancienne règle, on trouve : par trois tabules et canals (Rab., 1. V, ch. 42, t. III, 162, M.-L.)* ; les Satyres.,. Sergens de bandes, Caps d'Escadre, Corporais (Id., ib., ch. 39, t. III, 150); très ay mes et très fealz amis (Trad. aut. d'un mand. de Berne, 1527, Herm.,C, II, 56).
Et en 1607, Maupas exceptera formellement bal des mots qui ont le pluriel en aux (100).
MOTS EN AIL. — Même observation pour les mots terminés en ail. La forme en aux reste de beaucoup la plus usuelle : portaulx (Marg. de Nav., Dern, po., 152); espouuantaux (Rivaud., 127).
Cependant Lanoue, tout en considérant aux comme régulier, accepte aussi les pluriels en ails dans : bails, soupirails, espouuantails, trauails, gouuernails, portails, atirails (p. 258).
Palissy écrit : les esmails du premier cabinet (61); cf. rvn des portails {Lett. miss, de H. IV, III, 391)2.
Je rencontre chez Palissy (300) un pluriel en als : es aspirais de leurs fourneaux. C'est une graphie de ail-\-s qui n'est pas isolée.
MOTS EN EL. — Eux est régulier : cieulx.
Mais els apparaît : il n'est pas rare qu'on trouve des ciels, sans bien entendu que ce pluriel marque, comme les grammairiens l'ont voulu plus tard, un emploi spécial du mot : la semence des cieU (Lem. de Belg., ///., 1. II, ch. 6, b 3r»); très hault Dieu desCielz