‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 156 sur 248 · E FINAL · texte numérisé non relu

E FINAL

IS, A LA 1^ PERSONNE DU PRÉSENT DE VINDICATIF, — L'e devient peu à peu obligatoire après voyelle à la 1*"® personne de l'indicatif présent. Fabri donne encore ie supply. Palsgrave considère ie te pry comme apocope. Peletier seul tient toujours pour pri. Mais H. Estienne donne prie et Lanoue pri pour prie. M"® de Gournay déclarera que pry est proscrit par la nouvelle école (0., 955).

Dans les textes, le plus souvent la 1»^ personne est tenue pour rime féminine : prie : munie (Mar., I, 96) ; prie : crie (Id., I, 108, 210); supplie : accomplie (Id., I, 168).

E AU SUBJONCTIF. — Dès le commencement du siècle, la forme la plus fréquente est en e, toutefois on retrouve longtemps des for-

1. Il est plus curieux de trouver dormoy tu souvent répété dans une chanson d'Euslorg de Beau lieu, 1546, Ch, hug,, 127-128.

2. Dans le corps du vers Marot écrit très fréquemment oic, comme le dit Estienne (1,12,114, 131, 179, 208, etc.).

mules qui conservent l'ancien subjonctif, au moins à la 3« personne : Dieu le prenl a mercy (Mesch., Lun. des pr,y 9); Dieu nous gard (Mar., I, 10, 159, 238, etc., etc.) ; Celuy mesmes vous gard [Marg, de la Marg,, IV, 108) ; Dieu me gard (S'-Gel., II, 140) ; le diable emport : il mord (Mar., III, 65, cf. III, 63); Dieu pardoint [Marg. de la Marg,, IV, 88 ; Dieu doint (Gello, Circé, 137 ; Lett, miss, de Henri IV, III, 628; Régnier, Macette, 277).

A vrai dire, ce sont Ik des formules de souhaits qui se transmettront telles quelles jusqu'au xvii® siècle : Dieu lui doint la vie éternelle (Loret, Gaz,,l oct 1656); A qui Dieu doint bonne auenture (Id., ib., 29 janv. 1661); Ah! Dieu vous gard, mon frère! (Mol., Fem, sav,, a. ii, se. 2; cf. d'autres exemples nombreux dans le Lex. de Livet, II, 8).

La 3® personne ayt * compte chez Marot tantôt pour une syllabe tantôt pour deux : aye ^.

La l*''' personne du subjonctif de être est encore souvent soye (I, 148) 3.

La 2*^ paraît être toujours soys; soys : Francoys (II, 105; cf. II, 99 et 182).

La 3* est presque toujours soit (I, 242; II, 87, 113, 115 ; III, 189, 192).

LES FINALES EN OIENT. — Les grammairiens ont donné peu de renseignements sur la finale oient, mais leurs avis sont concordants (Thur., I, 180-181)^. Sylvius atteste que le peuple disait aimoint (121 ). Sebilet semblo être à peu près du même avis. « Encor si tu y auises de près, tu verras beaucoup de gens les prononcer et escrire sans e, comme disoint, soint, auoint, couroint, l'opinion desquels n'est sans grande apparence de raison » (15 v^). Meigret écrit etoèt, venoât, sans nasalisation de oi (il dit cette nasalisation beauceronne) et sans e, H. Estienne reconnaît que oient ne fait qu'une syllabe"'. Gauchie mentionne aussi que n est muette et que quelques-uns écrivent ils auoet (1570, 115).

Marot compte feroient, auoient, gisoient, etc , pour deux syllabes (III, 54, 73, 156, etc.). Dans la Deffence, en 1549, les désinences en oint sont constantes ; mais en 1557 on a imprimé oient. Elles se retrouvent dans Torthographe de bien des textes. Lors seroint an

1. Que ma chair vile ayi e«/e(l, 216, cf. I, 84, 113, 91, 274, III, 52, 65).

2. I^ graphie At/e est la plus fréquente. Voyez-en de très nombreux exemple» dans la correspondance des Réformateurs. Cf. p. 259.

3. On trouve aussi soyeii la deuxième (Rab., I, xxxi, 119 et ailleurs).

4. Il faut cependant mettre à part A. Mathieu qui veut qu'on «ait l'œil et l'oreille >• à dire oient et non oint (sec. dev., 25 v«).

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